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Tract VISA – FASCISATION DE SYNDICATS POLICIERS : NON, CES « SYNDICALISTES » NE SONT PAS DES CAMARADES !

Depuis le meurtre par un policier du jeune Nahel à Nanterre le 27 juin 2023, le gouvernement sévit dans le pays à coup de sorties de plus en plus abjectes et autoritaires, tout cela accompagné par une extrême droite totalement débridée, en parole comme en actes, avec les attaques de plusieurs milices fascistes. Une frange importante du syndicalisme policier dans ce contexte montre le visage d’un extrémisme complètement assumé, qui ne doit pas être toléré.

On connaissait depuis longtemps les syndicats policiers assurément fascistes comme la Fédération Professionnelle Indépendante de la Police (FPIP) ou plus récemment France Police – policiers en colère. Ce dernier s’est par exemple empressé de salir la victime et de blâmer ses parents pour soutenir et remercier le meurtrier. Ce que l’on attendait un peu moins, c’était le communiqué d’Alliance Police et de l’UNSA police (dont la coalition a recueilli plus de 49% des voix aux élections professionnelles de 2022) appelant de manière à peine dissimulée à une guerre civile contre les quartiers populaires, les désignant comme « hordes », « nuisibles ». Le communiqué qui se termine par la menace : « Aujourd’hui, les policiers sont au combat car nous sommes en guerre. Demain, nous serons en résistance et le gouvernement devra en prendre conscience. » n’est pas sans rappeler la tribune des généraux factieux à la retraites parue en 2021.

La dérive fascisante d’Alliance Police n’est pas d’hier. En effet, après avoir pourtant appelé à faire battre Marine Le Pen en 2017, le syndicat policier n’a cessé de sombrer dans la peste brune. En 2022 il ne donne plus de consigne de vote, sachant très bien que la police fait partie du premier électorat du FN/RN. Alliance avait même reçu Marine Le Pen et Éric Zemmour à sa tribune pendant la campagne présidentielle de 2022 pour avancer leurs propositions toujours plus sécuritaires. « Le problème de la police, c’est la justice ! » avait déjà tonné en 2021 Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat, devant l’Assemblée nationale et un parterre de policiers ainsi que de personnalités de droite et d’extrême droite.

En tant qu’antifascistes, l’état de la police nous préoccupe grandement. Ce genre d’appel ne peut pas ne pas refléter l’état d’esprit des forces de l’ordre, dont la politisation à l’extrême droite est de plus en plus importante, extrême et assumée. Récemment on a même pu voir des brigades de police accompagnées par des milices fascistes pour réprimer les révoltes dans les quartiers populaires. L’idée même de république est directement menacée par ce genre de pratique, cela nous incite fortement à redoubler de volonté et d’organisation dans notre combat antifasciste.

Ce qu’il y a aussi d’inquiétant pour nous syndicalistes, c’est que l’UNSA Police et Alliance Police sont confédérées, respectivement à l’UNSA et la CFE-CGC, qui participaient notamment cette année à l’intersyndicale contre la réforme des retraites. Alors en effet, les directions de ces organisations ont très vite décrié le communiqué outrancier, mais il est impossible d’en rester là. Ce genre de propos n’a en effet rien à faire dans nos organisations syndicales et des mesures fortes doivent être mises en place.

Plus que jamais, syndicalistes donc antifascistes, VISA appelle tous les travailleurs et toutes les travailleuses à rejoindre le combat antifasciste, à dénoncer la fascisation de ces syndicats de police, et à des mesures appropriées contre ces derniers dans leurs organisations respectives.