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Manifestations contre le pass sanitaire : communiqués syndicaux et associatifs

mer 04/08/2021 - 12:05
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Avant propos de VISA 

En tant qu'association composée de syndicalistes il y a, comme dans toutes les organisations syndicales, des débats sur l’obligation vaccinale, la vaccination, sur le contenu du pass sanitaire et sur l'importance du complotisme. Nous publions ces communiqués pour alimenter ce débat et d'abord pour mettre en garde contre les dérives complotistes, antivax et d'extrême droite.

Dans les manifestations contre la politique sanitaire du gouvernement, les amalgames avec l’apartheid, la Shoah, les dictatures et l’hitlérisme exprimés avec des autocollants, étoiles jaunes et autres pancartes, conçus et diffusés par des complotistes antisémites et antivax sont une ignominie. C’est un outrage à l’égard de toutes les victimes des génocides, du colonialisme, de l’esclavage, du nazisme et des dictatures et à l'égard de tou-te-s celles et ceux qui ont résisté et combattu, souvent au prix de leur vie.

D'autre part, les récentes attaques lors des dernières manifestations contre des pharmaciens, des centres de vaccination, des équipes de journalistes, les agressions de néonazis samedi 31 juillet lors de la manifestation à Nantes, sont des avertissements : aucun-e syndicaliste ne peut défiler et mêler sa voix avec ces gens là !

 

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Tribune unitaire parue dans Libération du 23 juillet 2021

« Refusons le projet de loi sanitaire

et les régressions sociales »

Le pass sanitaire marquera la vie de millions de Français·es, puisqu’en très peu de temps, et encore plus dès lors que le test PCR ne sera plus gratuit, toute vie sociale et professionnelle sera contrainte par le fait d’être vacciné. Pourtant, cette décision a été prise de façon autoritaire, non démocratique, dans un cadre de délibérations obscures, celui d’un seul homme : le président de la République qui n’aura réuni que le seul Conseil de défense. Elle passe outre toute discussion réelle au Parlement qui est, une fois encore, considérée comme une chambre d’enregistrement. La démocratie ne saurait être sacrifiée, et elle est pour nous plus que jamais la clé pour sortir de cette crise.

Pourtant, il y a moins d’un mois, Emmanuel Macron, le ministre de la santé, les député.es de la majorité, à l’image de la présidente de la commission des lois qui avait même déposé un amendement pour en figer l’impossibilité d’avoir une obligation publique dans la loi, tou.te.s se disaient opposées à la généralisation du pass sanitaire au nom des libertés et individuelles tout comme à une vaccinale. Alors que tout indique que nous avons pour au moins des mois à vivre avec le virus, on ne peut rentrer dans la société du contrôle généralisé que le gouvernement veut imposer ainsi à la population.

Une vaccination large et massive est nécessaire pour combattre cette pandémie, à commencer par la couverture des plus fragiles. Nous nous démarquons de toutes celles et ceux qui font de leur opposition frontale au vaccin un déversoir sectaire et complotiste et nous dénonçons fermement toute assimilation de la stratégie vaccinale à la Shoah ou à l’apartheid.

Le pass sanitaire est antisocial

Nous dénonçons la méthode employée par le gouvernement, génératrice de fortes tensions, ce qui est délétère en pleine crise épidémique. Les premiers leviers activés devraient être un grand débat démocratique, une information d’ampleur, des droits d’utilisation sur le temps de travail pour se faire vacciner, une prévention notamment par la gratuité des masques, une couverture bien plus importante des centres de vaccination et des moyens associés plus conséquents... La corrélation entre la vaccination et les revenus fait dire qu’en l’état actuel le pass sanitaire est antisocial. Ce sont des milliers de milliers de travailleurs·se·s qui se trouvent contraint·es et menacé·es de sanctions graves.
Depuis le début de la pandémie, les moyens financiers et humains réclamés par les syndicats et associations de soignants, pour remettre debout les hôpitaux publics et soigner correctement, n’ont pas été octroyés. Il en est de même pour les Ehpad. Pire, dans certains endroits nous constatons même que la casse de l’hôpital public continue (fermeture de lits, suppressions de poste...).

Et pendant ce temps, la France s’oppose toujours, avec l’Union européenne, à la levée des brevets au sein de l’Organisation mondiale du commerce, alors que c’est la seule façon pour que, dans les pays pauvres et émergents, les vaccins puissent être fabriqués et distribués massivement. C’est à la fois une question de solidarité internationale, de santé publique et d’efficacité. Car tant que la pandémie ne sera pas résolue à l’échelle mondiale, elle ne le sera nulle part.

Enfin, pendant que ces décisions heurtent et divisent la population, de graves attaques contre les droits sociaux sont annoncées. Autoritarisme et casse sociale vont de pair. La réforme régressive de l’assurance-chômage serait entérinée dès le 1er octobre, diminuant fortement les durées et les montants des allocations des chômeurs. Et Emmanuel Macron a confirmé sa volonté de reporter l’âge légal de départ en retraite et la fin de tous les régimes spéciaux. Alors que le patrimoine cumulé des 500 plus grandes fortunes de France a augmenté de 30% en 2020, le gouvernement ne revient aucunement sur toutes les largesses qu’il leur a accordées depuis le début du quinquennat et veut faire payer la crise aux chômeurs et aux retraités.

A l’inverse, nous demandons que soient mis à contribution, bien davantage qu’aujourd’hui, les multinationales et les très riches, au profit de la solidarité nationale. Nous exigeons une politique sociale ambitieuse, passant par des services publics de qualité et des droits sociaux plus importants.

Pour cette raison, au nom de l’efficacité sur le long terme contre l’épidémie et pour préserver nos libertés, nous nous opposons à la nouvelle loi proposée à l’assemblée, tout comme aux mesures antisociales qui visent à faire payer la note de la crise sociale au monde du travail. A cette fin, nous aspirons à des mobilisations dans les semaines et mois qui viennent.
 

Premiers signataires

Responsables d’organisations : Aurélie Trouvé et Raphaël Pradeau (porte-parole d’Attac), Céline Verzeletti (secrétaire confédérale de la CGT), Simon Duteil et Murielle Guilbert (co-délégué·es généraux de l’Union syndicale Solidaires), Thomas Portes (porte-parole de Génération·s), Mélanie Luce (présidente de l’UNEF), Khaled Gaiji (président des Amis de la Terre France), Pierre Khalfa et Willy Pelletier (Fondation Copernic), Emmanuel Vire (secrétaire général du SNJ-CGT), Mireille Stivala (secrétaire générale de la fédération CGT Santé et action sociale), Jean Marc Devauchelle (secrétaire général de la Fédération SUD Santé Sociaux), Thierry Amouroux (porte-parole du Syndicat National des Professionnels Infirmiers SNPI), Hafsa Askar (Secrétaire Générale de la FSE), Denis Lalys (secrétaire général de la FNPOS de la CGT), Ana Azaria (présidente Femmes égalité), Lenny Gras (porte parole du MNL), Mathieu Devlaminck (UNL), Aneth Hembert (co-secrétaire fédérale des Jeunes Ecologistes), Jean-Christophe Sellin et Hélène Le Cacheux (coordinateurs du Parti de Gauche), Jean-François Pellissier et Myriam Martin (porte parole d’ENSEMBLE !), Christine Poupin et Olivier Besancenot (porte-parole du NPA), Christian Pierrel (porte parole du PCOF), Christian Eyschen (secrétaire général de la Libre Pensée), Martin Méchin et Louise Tort (Black Robe Brigade), Anthony Caillé CGT-Police, Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole Droit Au Logement, Delphine Glachant, présidente de l’Union syndicale de la psychiatrie.
 

Elu·e·s : Éric Coquerel (député LFI), Elsa Faucillon (députée PCF), Eric Piolle (maire EELV), Jean-Luc Mélenchon (député LFI), Sébastien Jumel (député PCF), Emilie Carriou (députée Nouveaux Démocrates), Clémentine Autain (députée LFI), Aurélien Taché (député Nouveaux Démocrates), Mathilde Panot
(députée LFI), Pierre Dhareville (député PCF), Caroline Fiat (députée LFI), Manon Aubry (députée LFI), Adrien Quatennens (député LFI), François Ruffin (député LFI), Muriel Ressiguier (députée LFI)

 

Personnalités : Youcef Brakni (militant antiraciste), Sandrine Rousseau (EELV), Caroline Mecary (avocate), Taha Bouhafs (journaliste), Jean-Marie Harribey (économiste), Arie Alimi (avocat), Kevin Vacher et Deborah Ozil (Rencontre des Justices), Stéphane Jouteux (syndicaliste), Nicolas Mayart (journaliste), Dominique Plihon (économiste), Paul Poulain (spécialiste des risques industriels), Laure Vermeersch (L’ACID), Gilles Perret (réalisateur), Philippe Poutou, Porte-parole du NPA, Rokhaya Diallo, Claire Lejeune, EELV.

 

Communiqué de l'Union syndicale Solidaires – 23 juillet 2021

Oui à la vaccination,

Non au passeport sanitaire et aux licenciements !

Face à cette pandémie mondiale, l’Union syndicale Solidaires réclame depuis des mois la levée des brevets et l’accès au vaccin pour tous les pays afin que l’ensemble de la population mondiale puisse y avoir accès.

La vaccination, un des outils de lutte contre la pandémie, ne peut occulter l’incurie gouvernementale en matière de moyens humains et matériels pour les hôpitaux. Elle ne doit pas non plus être un prétexte à l’explosion d’un discours anti-scientifique voire complotiste, ni à stigmatiser les personnes qui craignent encore de se faire vacciner.

Les craintes sur la vaccination peuvent exister, liées au légitime manque de confiance envers ce gouvernement. Il faut des moyens humains massifs d’accompagnement pour répondre aux questions qui peuvent se poser.

C’est dans ce contexte que le gouvernement entend généraliser dans la société le passe sanitaire. Dans sa construction actuelle, c’est une réponse autoritaire et inadaptée. C’est également une mesure antisociale : ce sont les plus précaires et les plus pauvres qui sont les moins vacciné-es.

Solidaires se positionne contre le passe sanitaire qui se construit contre les travailleuses et les travailleurs, avec des menaces fortes (pertes de salaires, mises à pied, licenciements...), et qui met en danger le secret médical. Solidaires dénonce fortement l’amendement qui permet la suspension du contrat de travail, et le licenciement à l’issue d’un délai de deux mois, des salarié-es ne justifiant pas de passe sanitaire.

Ceux et surtout celles qui étaient premier-es de corvées, travaillant sans aucune protection lors de la première vague, seront cette fois-ci les premier-es sanctionné-es ! Ce n’est pas acceptable.

D’autres solutions urgentes doivent être mises en place : vaccination au plus prêt de la population et des salarié.es, y compris dans les quartiers populaires, levée des brevets sur les vaccins, moyens humains et matériels massifs pour la recherche et la santé publiques, socialisation de l’industrie pharmaceutique...

L’Union syndicale Solidaires appelle sur ces bases à participer aux mobilisations sociales et de défense des libertés qui se construisent et qui n’ont rien à voir avec les rassemblements initiés par l’extrême-droite et les mouvances complotistes, que nous combattons.

 

Communiqué de la FSU – 21 juillet 2021

Pour une autre gestion de la crise sanitaire :

anticiper, favoriser la vaccination,

investir dans les services publics

 

Après 18 mois de crise sanitaire, la sortie de crise s’éloigne : nous sommes désormais dans une 4ème vague. Le gouvernement, qui a souvent pris des décisions sans tenir compte des avis des médecins et des scientifiques, porte une lourde responsabilité dans l’aggravation de la situation.

La vaccination est nécessaire pour combattre l'épidémie. C'est le cas à l'échelle mondiale, raison pour laquelle la FSU s'implique dans la campagne pour la levée des brevets pour permettre l'accès à la vaccination le plus rapidement possible pour l'ensemble de l'humanité. Or, le Président de la République continue à s'y opposer.

En France, un pass sanitaire est obligatoire à l’entrée de certains lieux. La date du 15 septembre est donnée comme date butoir d’obligation vaccinale pour certaines professions. Les délais sont scandaleusement courts quand on sait qu’il faut plusieurs semaines entre les deux injections, que les rendez-vous ont été pendant longtemps et sont de nouveau aujourd’hui saturés, faute de stocks suffisants, et que l’accès à la vaccination n’est pas une évidence pour un certain nombre de populations en particulier les plus fragiles (difficultés à prendre un rendez-vous sur internet, etc.).

La FSU n’a cessé de réclamer une priorité de vaccination pour les personnels qui le souhaitaient, d’autant que les professions des services publics sont souvent fortement exposées au virus. Or, les pseudo priorités comme celles prétendument données aux enseignant.es pour se faire vacciner, n’ont jamais eu lieu.

User de la coercition et de la pression sans développer tous les outils d’une politique de prévention et de protection est inefficace. Il faut aussi convaincre, étendre la politique vaccinale, informer : aucune campagne d’information simple et accessible n’a été faite sur la vaccination et ses enjeux. Cette carence se paye très cher aujourd’hui et renforce la défiance et les tensions.

La FSU dénonce fermement les propos et les actes antisémites et racistes des manifestations du week-end dernier.

Il faut aujourd’hui à la fois accélérer l’élargissement de la couverture vaccinale et améliorer les conditions de protection des agent.es et des usager.es dans les services publics. Des mesures comme la levée du jour de carence en cas d’effets secondaires du vaccin, sa suppression a minima en temps d'épidémie, ou encore le fait de faciliter la vaccination sur le temps de travail pourraient participer de cet effort et in fine emporter la conviction. Les ministères concernés doivent aussi apporter des plans de protection des agent.es et des usager.es : aération, moyens supplémentaires, organisation des services, etc.

Encore une fois, rien n'est prêt si ce n'est les mesures disciplinaires pour les personnels, ce qui ne correspond pas à la situation sanitaire qui demanderait l'adhésion des agent.es : les mesures coercitives risquent d'engendrer, à l'inverse de l'objectif recherché, incompréhension et mécontentement. Le gouvernement répète les mêmes erreurs, sans écouter les représentant.es des personnels.

Enfin, la FSU dénonce la manière dont le président de la République a remis sur la table, en même temps que les annonces sanitaires, la réforme de l’assurance chômage ou encore celle des retraites.

Profiter de la situation pour mener à bien des réformes régressives, anti sociales et faire payer la crise aux travailleurs-euses n'est pas acceptable. La crise a au contraire montré le besoin de protections collectives et le manque d’investissements dans les services publics, à commencer par l’hôpital et le système de santé.

 

C’est à cela qu’il faut travailler pour sortir enfin de cette crise. La FSU appellera à se mobiliser pour une rentrée sociale, pour défendre les droits sociaux et les libertés.

 

Communiqué de la CGT Paris – 28 juillet 2021

Face à l’obscur, une CGT clairement revendicative

 

Si les résultats du double scrutin des départementales et des régionales nous ont éloignés du tête-à-tête LRem/RN, le cirque tragique de l’année à venir risque fort de nous y ramener. Pourtant, l’abstention démontre un divorce croissant entre les citoyens et le système actuel de représentation politique. Mais les deux faces opposées de la même médaille Macron/Le Pen vont tenter de reprendre la main pour nous pourrir l’horizon.

Dans son intervention télévisée du 12 juillet, Macron stigmatise, culpabilise et oppose les gens entre eux. Les prudents vis-à-vis des vaccins, les bénéficiaires d’un régime spécial de retraite, les privé·es d’emploi : voilà le nouvel amalgame des affreux gaulois réfractaires. Certes, la pandémie exige des mesures énergiques pour y faire face, mais les pratiques du pouvoir nous éloignent toujours un peu plus de ce qui serait souhaitable, à savoir une démocratie sanitaire. « Convaincre plutôt que contraindre », c’est pourtant ce que préconisent l’OMS, le Conseil de l’Europe et… la CGT.

En divisant la société française, le gouvernement joue avec le feu. À propos de feu, l’incendie de Notre-Dame a provoqué une grave pollution au plomb qui perdure encore à ce jour. L’attitude des institutions et des employeurs depuis le 15 avril 2019 est faite de minimisation, d’opacité et de fuite en avant irresponsable en décidant de reconstruire la cathédrale à l’identique. C’est pourquoi l’UD CGT de Paris et l’association Henri-Pézerat, ainsi que deux familles, ont porté plainte ce 6 juillet, car nous nous préoccupons de la santé des salarié·es et des habitant·es.

À la violence sociale produite par le capitalisme s’ajoutent toutes sortes de manipulations et de démagogies, générant de l’ignorance et de la haine. Les forces de progrès doivent mettre des bâtons dans les roues de ce très dangereux engrenage. Prétextant la manière très autoritaire, et donc contestable, qu’a le pouvoir d’étendre la vaccination au plus grand nombre, certains osent faire le parallèle avec le port de l’étoile jaune, avec le nazisme, avec la Shoah. C’est odieux. La CGT ne joindra jamais sa voix à celles de ces imbéciles.

À l’approche des 80 ans de l’arrestation et de l’exécution de nos camarades Grandel, Môquet, Poulmarc’h, Timbaud et tant d’autres, plus que jamais, soyons dignes d’eux !

Dans cette période trouble, la CGT a l’ambition de rassembler autour de revendications concrètes et de propos rationnels. Nombre de travailleuses et de travailleurs se retrouvent dans cette ambition. Les derniers en date sont les livreurs à deux-roues de Paris, qui viennent de se constituer en syndicat CGT.

 

Communiqué du MRAP – 20 juillet 2021
 

Ne pas banaliser les crimes contre l’humanité

 

Le 17 juillet des manifestations se sont déroulées dans diverses villes contre l’extension du pass sanitaire dont le Parlement doit débattre ce mardi 20 juillet. À cette occasion de rares manifestants ont arboré l’étoile jaune de sinistre mémoire faisant ainsi un parallèle entre la traque des Juifs pendant la seconde guerre mondiale et les restrictions d’accès à certains lieux pour les personnes qui font le choix personnel et social de n’être ni vaccinées ni testées.

Le recours à la caricature dans l’expression des revendications ne saurait justifier l’intolérable.

Faut-il rappeler à ceux qui l’auraient oublié que les SS, le système nazi et leurs complices ont conduit à l’extermination de 6 millions de Juifs à qui avait été imposé le port de l’étoile jaune. Faut-il rappeler qu’ils ont été exterminés pour la seule raison qu’ils étaient d’origine juive et non à cause d’une décision qu’ils auraient prise ?

La guerre mondiale organisée par les nazis pour leur hégémonie en Europe et dans le monde a tué 60 millions de personnes. Les mesures sanitaires prises actuellement par le président Macron et son gouvernement peuvent être critiquées mais les étoiles jaunes et le sigle des SS n’ont pas leur place dans les manifestations. Même l’opposition nécessaire aux dérives autoritaires du Pouvoir ne saurait aboutir à minimiser et à banaliser des crimes contre l’humanité et des génocides. L’indicible de la Shoah ne saurait être comparée aux restrictions de libertés – dont il convient de débattre sérieusement.

Le MRAP appelle tous ceux qui sont attachés à l’égalité et aux libertés fondamentales individuelles et collectives à se garder d’expressions qui banalisent le racisme et les génocides, taches indélébiles sur la mémoire de notre Humanité.

 

Communiqué du RAAR – 19 juillet 2021

Réseau d’Actions Contre l’Antisémitisme

et tous les Racismes

 

La pandémie du Covid a déjà donné lieu à une déferlante de propagande antisémite et complotiste.

On assiste actuellement à une nouvelle vague de cette propagande. Elle prend la forme de l’assimilation de la vaccination et du pass sanitaire à la Shoah. Des étoiles jaunes sont brandies par des opposants organisés à la vaccination. On condamne un "pass nazitaire" et on le compare à l’inscription sinistre du portail d’Auschwitz. Des dizaines de milliers de personnes défilent dans ce cadre.

Les partisans de l’extrême-droite sont au premier rang de cette campagne. Il s’agit notamment de Florian Philippot, ancien porte-parole de Marine Le Pen, chef auto-proclamé de l’opposition à toute précaution face au Covid.

Mais cette manipulation, qui revient à minimiser et banaliser le génocide des Juifs, frappe bien au delà des rangs de l’extrême-droite.

Le débat légitime sur le contenu des mesures sanitaires et l’appréciation de la politique gouvernementale est détourné au profit de théories complotistes totalement réactionnaires et porteuses de lourds dangers négationnistes et antisémites.

C’est un mouvement mondial, comme l’ont montré les campagnes du même type aux États-Unis et en Allemagne sous l’égide de mouvements complotistes comme Qanon.

Le Réseau d’Actions contre l’Antisémitisme et tous les Racismes (RAAR) condamne avec force cette propagande antisémite.

Il appelle toutes les organisations antiracistes, les syndicats et les partis de gauche à faire front ensemble contre ce danger et à refuser de cautionner les manifestations et rassemblements qui se déroulent sous le signe de la confusion et du complotisme.

 

Communiqué du Camps des Milles – 26 juillet 2021

RÉACTION INTER-ASSOCIATIVE AU CAMP DES MILLES CONTRE LE DÉTOURNEMENT DE L’ÉTOILE JAUNE

 

La Fondation du Camp des Milles-Mémoire et Éducation, le Mouvement Associatif (représentatif au niveau national) Paca, la CRESS (Chambre régionale des entreprises sociales et solidaires) Paca et le CROS (Comité régional Olympique et sportif) Paca, ont décidé de réagir ensemble au détournement indécent du port de l’étoile jaune dans certaines manifestations récentes contre le pass sanitaire, dans un contexte où ils ont exprimé leur inquiétude pour notre démocratie

Pour parler aux médias venus nombreux, les responsables associatifs ont choisi de se réunir ce mercredi 21 juillet au Site-mémorial du camp des milles, lieu d’où plus de 2 000 hommes, femmes et enfants juifs furent déporté.e.s en 1942 par le régime de Vichy avant d’être assassinés dans le camp d’extermination d’Auschwitz.

ETOILE JAUNE, PORTAIL D’AUSCHWITZ ET PASS SANITAIRE

Si les différents intervenants ont souligné le droit de chacun de s’opposer à une décision gouvernementale, ils se sont interrogés sur les motivations de ceux qui ont porté une étoile jaune avec l’inscription «non vacciné» ou utilisé une photo détournée du portail d’Auschwitz, de l’image de Hitler, utilisé le terme de dictature etc. Provocation, inculture, cynisme, insensibilité, instrumentalisation délibérée… ?

Pour Bruno Huss, représentant la CRESS Paca (Chambre régionale des entreprises sociales et solidaires), «il y a des choses qu’on ne peut pas laisser passer, qu’on ne peut pas laisser dire. En ne relevant pas, on prend le risque de banaliser ces images et ces événements».

«Le poids des mots est essentiel. Que retiendront les gens de ces manifestations? L’étoile jaune, les mots dictature et apartheid. Ces comparaisons excessives ne sont pas supportables. Il faut dénoncer les excès mortifères alors que notre société a besoin d’apaisement», analysait Yannick Gallien, Président du Mouvement Associatif PACA.

Dénoncer avec force ces faits était aussi important pour Hervé Liberman, Président du CROS Paca (Comité régional Olympique et sportif) : «Comment peut-on détourner les symboles de cette histoire terrible ? C’est une insulte pour tous ceux qui ont porté l’étoile jaune pour aller à la mort».

Chacun a fait part de son indignation à la vue de ces images unanimement jugées indécentes et insupportables, le jour même de la Journée Nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat Français et en hommage aux Justes de France.

Pour Alain Chouraqui, Président de la Fondation du Camp des Milles – Mémoire et Education, «c’est aussi une insulte pour ceux qui vivent aujourd’hui sous de vraies dictatures.  La mémoire est un repère essentiel pour aujourd’hui. Ne jouons pas avec les repères et les symboles les plus forts. Surtout dans la période que nous traversons où la démocratie française est sur une ligne de crête. Que dira-t-on si une vraie dictature menace ou que des groupes humains sont à nouveau menacés de mort ? On se sera habitué à ces images qui seront devenues banales. Quand les mots deviennent fous, les hommes deviennent fous», a-t-il conclu.

Les quatre représentants de la société civile ont appelé à des réactions fortes, qu’elles viennent des politiques, de la société civile, ou des manifestants eux-mêmes.

 

Le post de Pierre Krasucky

Une fois n'est pas coutume, je réagis à chaud.

 

Aujourd'hui, j'ai lu énormément de commentaires relatifs à l'étoile jaune, à l'apartheid sur la Page " Syndicats CGT " sur Facebook. Cela me révolte ! Comment oser écrire de telles ignominies sur le site CGT ?

Pour rappel, la Confédération a lutté durant la seconde guerre mondiale , avec à sa tête , un des plus grands dirigeants, à savoir, Benoît Frachon que j'ai eu la chance de connaître.

Georges Séguy, que j'ai connu également, et mon père, arrêtés sur dénonciation, en raison de leurs actes de résistance, ont été déportés , à Mathausen ( pour Georges ) et Auschwitz puis Buchenwald pour mon père. Rentrés des camps, tous 2 ont été de très grands dirigeants , en assumant leur fonction de Secrétaire Général de la CGT.

A celles et ceux qui écrivent des monstruosités sur la page CGT, je dis qu'ils feraient mieux d'apprendre l'Histoire de leur syndicat, la CGT , pour leur permettre de réfléchir . Connaissent-ils, seulement, la signification de ce verbe ? Non !

Pour moi, être syndiqué CGT, signifie adhérer aux valeurs de la CGT. Oser se prétendre cégétiste en écrivant de telles ignominies, n'est pas admissible.

Certes, il peut y avoir des opinions diverses, mais là, il s'agit de fondamentaux.

Que ces personnes déversent leurs propos sur leur page , c'est une chose, mais qu'ils salissent la CGT, sur son site, là, je dis non.

Les verra-t-on dans la rue pour défendre les retraites, les salaires, l'emploi, pour obtenir des moyens supplémentaires pour les hôpitaux et la Santé, pour exiger le maintien et le développement des services publics ?

Permettez-moi d'en douter.

Que les administrateurs de la page fassent leur travail en excluant ces commentaires ignobles.

Maintenant, une mise en garde. Si je trouve dans mes amis, des personnes cautionnant ce type d'écrits, je les retire de ma liste, illico presto.

Bien fraternellement.

Pierre Krasucki »

 

 

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