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VISA 34 : faits et méfaits de l'extrême droite dans le 34 - août et septembre 2021

ven 08/10/2021 - 10:26
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2 août 2021. Le journal Libération publie un article sur un testing de SOS Racisme à la Grande Motte, afin de « vérifier s'il n'y avait pas de discrimination à l’entrée des boites de nuit », indique Meddy Nedir (SOS Racisme de Béziers). Ceux qui pensaient que ce genre de "pratique" était de l'histoire ancienne, peuvent ranger cette idée bien au fond du tiroir, c'est malheureusement toujours d'actualité. Le journal livre quelques témoignages : « C’était la honte, on nous a signifié devant tout le monde qu’on ne voulait pas de nous ici (...) On était les seuls "renois" [noirs, Ndlr] dans la file d’attente. Les autres doivent le savoir : ils ne viennent pas, comme si c’était la boîte des blancs. ». Meddy Nedir, lui- même a subi cette discrimination : « Le vigile nous a dit que ce n’était pas possible parce que c’était complet. [...] J’ai rappelé que des gens étaient sortis. Il m’a répondu que ces personnes allaient revenir ! » Ce ne fut pas le cas, et quelques minutes après, comme l'indique Libération, un autre « groupe de "blancs" est entré facilement ». Des poursuites seront engagées contre ceux qui seront reconnus coupable de discrimination. Une chose est sûre c’est que cette pratique est récurrente et les sanctions trop peu appliquées.

7 août. Il y a eu 108 nouvelles manifestations anti-pass sanitaire totalisant 237 000 personnes dans toute la France selon le ministère de l’intérieur.
À noter que même le chiffre de la police montre une augmentation du nombre de manifestants alors que nous sommes en période estivale... Pas loin de 10 000 personnes à Montpellier et plus de 400 à Béziers. De nouveau l’extrême droite tente la récupération comme à Metz où Cassandre Fristot, ex-chef de cabinet de Louis Aliot (pendant 2 mois) et ex- cadre FN avant de rejoindre le Parti de la France de Philippot en 2013, défilait portant une pancarte « Mais qui ? », référence explicite à l’interview de Dominique Delawarde, signataire de la tribune des généraux, qui s’était livré à une diatribe antisémite. La réponse apportée sur la pancarte est une liste de responsable dont la plupart des noms sont juifs. À Sallanches (74), Jean-Yves Le Gallou, ancien du GRECE et ancien responsable du FN expliquait en juillet 2021 « Ce n’est pas la peste [...] Tout au plus le coronavirus est-il une maladie infectieuse de plus qui a pris en partie la place de la grippe, des infections pulmonaires classiques et des gastro-entérites ». Dans l’Aisne, le « Tous ensemble » défendu par les manifestants anti-pass sanitaire un peu partout, amène un dirigeant de la CGT a tenir le parapluie aux différents intervenants dont Nicolas Dragon responsable local du RN et conseiller municipal (ambiance). À Toulon, où la préfecture annonce 19 000 manifestants, Damien Guttierez, ancien infirmier militaire mais aussi ex-élu départemental du RN, désormais sans étiquette a pris la parole. « La France a perdu une bataille avec la promulgation de cette loi, mais elle n’a pas perdu la guerre. Résistance ! », hurle-t-il, devant la foule L’autre figure du mouvement s’appelle Alexandre Juving-Brunet. Ex-capitaine de gendarmerie et habitué des forums d’extrême droite sur Internet, il était troisième sur une liste est lancée par le maire d’Orange, Jacques Bompard, dans le but de promouvoir la candidature d’Éric Zemmour à la présidentielle. Il a défilé derrière une banderole « Sauvons le peuple, sauvons la France », signée Comité de salut public. Il faut quand même remarquer que depuis le début de la contestation, il y a eu plusieurs dégradations de centres de vaccinations. Certains centres ont même été recouverts d’étoiles de David, d’autres de la croix celtique ou de la croix de Lorraine et presque tous avec cette idée confusionniste et complotiste « Non au nouveau génocide ».

8 août. Malgré les vacances, 30 à 40 personnes se sont réunies à Béziers en hommage à la mémoire de Mohamed Gabsi tué par la police municipale en avril 2020. La sœur du défunt, Houda Gabsi, a révélé que d’après le juge d’instruction le procès des trois policiers municipaux, déjà mis en examen et sous contrôle judiciaire, se tiendrait d’ici huit à dix mois vis à vis. Selon de récentes informations, deux de ces trois policiers travailleraient encore au service de la vidéosurveillance de la sécurité publique. Pour mémoire, l’autopsie pratiquée sur Mohamed Gabsi évoque une « asphyxie » provoquée par « un appui maintenu avec une force certaine » d’un « genou, coude ou poing ». Sur une vidéo amateur, on entend distinctement Mohamed Gabsi crier « À l’aide, ils veulent me tuer ! » et deux témoignages concordants, versés au dossier, font état de la réponse du policier : « Ferme ta gueule, je vais te faire dormir ».

10 août. Dans sa volonté de tout contrôler (avec l’argent des contribuables), la ville de Béziers vient d’acheter le club de rugby de Béziers ASBH. Nous savons maintenant dans quel but a été créé en janvier dernier Béziers sports développement, Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) Elle a donc permis à la mairie de racheter pour 1 euro symbolique les actions du club détenue jusqu’alors par la société Passion Ovalie (68,89% du total des actions). La SCIC peut maintenant encaisser directement l’argent des ventes des brasseries, buvettes et loges du stade. La ville aura sa part. Au cours de son allocution, le maire a expliqué qu’il subventionnait le club chaque année à hauteur d’environ 1 million d’euros et donc qu’il « trouvait anormal qu’une ville qui donne autant d’argent n’ait pas le droit de regard sur le club » voulant faire ainsi oublier qu’il était déjà au Comité de surveillance. Le Président du directoire, Jean-Michel Vidal confirme d’ailleurs que la ville a nommé Arthur Bachès (chef de cabinet du maire) comme « référent » pour représenter la ville au sein de l’ASBH et participer à la gestion du club. En attendant, cette gestion est toujours aussi opaque. On ne connait pas les conditions de la liquidation de Passion Ovalie et du rachat par la ville et nous attendons toujours le résultat de l’audit commandé par la ville et réalisé il y a près de 2 ans.

11 août. La Féria de Béziers commence par une messe aux Arènes. Les Ménard(s) ceints de leurs écharpes tricolores y assistent aux premières loges. Rarement on a vu des représentants de la République (laïque) prier dans une messe. Une volonté délibérée et une insulte à notre constitution basée sur la séparation de l’église et de l’État.

13 août. A l’occasion de cette Féria, plus d’une centaine de personnes se sont réunies pour demander la fin des corridas et que « la souffrance animale soit érigée en spectacle ». Ce jour-là le maire a exhorté ses fidèles à se rendre à la corrida en lançant « rien que pour être fidèle aux traditions locales et faire la nique aux anti-corridas qui n'ont qu'à "aller [se] faire foutre ». D’ailleurs Robert Ménard a décidé d’imposer une nouvelle tradition : « il y aura La Marseillaise au début de chaque corrida ».

14 août. Nouvelles manifestations contre le pass sanitaire dans 217 villes de France. Selon le décompte de la police, il y avait 215 000 personnes (400 000 selon les manifestants) bien que cela soit un week-end où un très grand nombre de français sont sur les routes ou en vacances. À Montpellier malgré la chaleur, ils étaient 7 500 personnes (pas loin de 20 000 selon les manifestants). À Metz ils étaient 4 000 personnes et certains défilaient avec des drapeaux royalistes et des pancartes « Mais qui ? » ou « Nous sommes tous des Cassandre » ? Ce dernier slogan fait référence à Cassandre Fristot inculpée pour propagande antisémite. On signale également qu’une chaine YouTube d’extrême droite a interrogé des participants à des rassemblements anti-pass sanitaire à propos des pancartes Qui ? Il ressort des réponses l’idée de « cette communauté très organisée » ou « Il serait temps qu’ils fassent leurs valises. », « même en dehors de la France, ils arrivent à nous chapeauter », « Ils nous considèrent comme des bêtes, c’est écrit dans le Talmud et ils veulent nous métisser avec des inférieurs. », « Ils auraient mieux valu qu’ils n’existent pas ! ». À Albi une pancarte expliquait « T’inquiète Cassandre, en France, on laisse en liberté des clandestins pyromanes ». Dans d’autres villes on pouvait lire « Prochaine étape, une rafle des non-vaccinés », « Non au pass-nazitaire ». Depuis la fin du mois de juin, ces comparaisons avec le sort réservé aux juifs lors de la seconde guerre mondiale comme les tags retrouvés dans des centres de vaccination ou ceux contre la stèle érigée en l’honneur de l’ancienne ministre Simone Veil (déportée à Auschwitz à 16 ans et à l’initiative de la loi sur l’IVG), dégradée deux fois), dans les Côtes-d’Armor (Bretagne) se développent. Elles entrainent, à minima le confusionnisme, au pire le négationnisme.

Un sondage IFOP publié en juillet 2021 relève que 38% des électeurs du RN ne sont pas vaccinés contre 26% dans le reste de population adulte. L’électorat du RN fait donc moins confiance à la vaccination que le reste de la population. Mais le RN resté très en retrait sur ces mobilisations tout en dénonçant le pass sanitaire. On raille volontiers le fait que l’ex FN, Florian Philippot récupère les personnalités écartées du parti pour leurs positions trop extrémistes. Pourtant Sami Hamadouche, candidat aux élections régionales et départementales sur la liste RN d’Andréa Kotarac, a dénoncé en tant que « juif » un médecin intervenant sur le Covid. Le 11 août il a écrit : « Macron est un pantin dirigé par... QUI ? ». « Et je vous demande QUI est responsable de la limitation de la liberté d’expression et de nos droits individuels ? QUI ».

De leur côté, les maires RN (de Fréjus, Hayange, Beaucaire) refusent de demander à leurs polices municipales de contrôler le pass sanitaire en terrasse. Même chose pour Robert Ménard « Vous pensez que je vais envoyer la police municipale vérifier que sur quatre personnes qui sont là il y en a une par hasard qui n’a pas son pass sanitaire ? Ça ne tient pas debout », Même s’il précise « Je suis pour le pass sanitaire. ». Mais des voix se font entendre pour ne plus participer à ces manifestations : À Valence, des militants d’Action collective antifasciste ont décidé « que les conditions actuelles ne permettent pas de participer à ce mouvement de contestation ». Pour eux, « Ce mouvement s’est constitué autour de revendications au mieux individualistes (liberté de consommer au détriment de la santé des plus fragiles) et au pire confusionnistes (complotisme anti-vaccination, antisémitisme, etc). On y trouve donc de tout et surtout du n’importe quoi » Même chose pour l’action antifasciste de Mulhouse qui a décidé de ne plus manifester aux côtés de l’extrême droite royaliste. Ils étaient venus avec une pancarte « Contre le pass sanitaire, contre les fachos » À Toulouse un groupe d’identitaires a voulu virer de la manifestation, des militants de gauche. Certains ont même été poursuivis par des manifestants alors qu’au même moment l’Action Française se promenait tranquillement dans le défilé !

21 août. Sixième samedi de manifestations anti-pass sanitaire dans toute la France. Ils étaient un peu moins nombreux, 175 000 manifestants, selon la police, mais plus de 300 000 selon des décomptes indépendants.
À Paris, il y avait 15 000 manifestants et un rassemblement important a été organisé par Florian Philippot (Parti de la France). À Perpignan, plusieurs milliers de personnes ont défilé dans le centre-ville. Certains manifestants s’en sont pris aux médias, notamment devant le siège du journal L'Indépendant. À Béziers il y avait 200 à 300 manifestants, une centaine à Bédarieux, une centaine à Sète et un cortège important également à Pézenas. Mais c’est à Montpellier que la manifestation anti-pass sanitaire était la plus importante. Elle a réuni près de 9 000 personnes mais de violents affrontements ont eu lieu entre militants antifascistes et les identitaires de la Ligue du Midi. Selon France Bleu Hérault, plusieurs personnes ont été blessées par des coups et des jets de projectiles. En fait, la Ligue du Midi voulait prendre la tête de la manifestation mais ils ont été virés. D’autres groupuscules locaux comme les Jeunesses Saint Roch sont apparus également dans le cortège et encore plus discrètement l’Action Française. Le journal en ligne Le Poing révèle la stratégie de ces néo-nazis contre les antifascistes : « Les antifas n’ont jamais été que les nègres de la boîte de nuit tenue par les juifs qu’on appelle la République ». « Si vous êtes du Sud de la France et que vous voulez agir, ne cherchez aucune autre ville pour manifester ce weekend : allez à Montpellier. [...] et dotez-vous d’un maximum de drapeaux tricolores, rien d’autre. ». Enfin, signalons qu’à Tours, un groupuscule d’extrême droite « Des Tours et des Lys » s’en sont pris à des gilets jaunes et des syndicalistes. Ils ont été repoussés mais deux militants, dont un de Sud santé, ont été sérieusement blessés.

22 aout. A Béziers, les commémorations de la libération de la ville en 1944 commencent par une messe à la cathédrale de Saint-Nazaire (sic) et comme par hasard, les principaux animateurs de la Résistance (notamment communistes) ne sont pas évoqués par le maire.

26 août. Alors que des « bruits de couloirs » de plus en plus présents se font entendre sur une éventuelle candidature d’Éric Zemmour aux élections présidentielles de 2022, Robert Ménard annonce avoir reçu une demande de parrainage de « son copain Éric » mais pour lui « Un polémiste ne fait pas un homme politique. Un agitateur, ça ne fait pas un homme politique ». Étonnante déclaration lorsque l’on sait qu’en matière de provocations (de polémiques ou d’agitation), le maire de Béziers n’est pas le dernier... Après avoir soutenu son ami « Éric » contre Marine Le Pen, il y a encore peu de temps, il semble pencher (du moins pour l’instant) en faveur de la dirigeante du RN.

28 août. La baisse de mobilisation “constatée” par le ministère de l’Intérieur et relayée sans recul dans les grands médias de masse nous paraît bien relative : 166 000 manifestants sur plus de 200 lieux de rassemblements, contre 175 000 la semaine précédente. Du côté du comptage indépendant, on décompte près de 320 000 personnes dans les rues, contre environ 350 000 la semaine dernière. Dans l’Hérault, il y a eu un cortège à Bédarieux, à Pézenas où le mouvement s’est encore renforcé, à Béziers (plus de 400) et à Sète (une centaine). Et sur Montpellier, la mobilisation ne faiblit pas : des milliers de personnes (9 500) se sont retrouvées sous le soleil du mois d’août. Les antifascistes et des médias indépendants ont permis l’expulsion de l’extrême droite la plus violente et la mise à l’écart de celui qui se positionnait comme le leader du mouvement. La proximité de « l’apolitique » Derouch avec la Ligue du Midi était trop évidente. Notons une forte préoccupation pour la question de la vaccination des enfants, L’intervention d’un musicien saluant ceux qui ont expulsés la Ligue du Midi a été chaleureusement applaudie. Cela dit, il restait à l’écart un groupe d’une vingtaine de personnes armées de gants, visant à blesser, et arborant un drapeau bourguignon avec l’abject slogan antisémite “Qui?”. Ils ont été virés de la manifestation un peu plus tard. Un journaliste du Poing a été légèrement blessé dans sa tentative de filmer l’évènement.

Fin aout. Article très intéressant du site de la Horde sur les trois principaux animateurs du site RéinfoCovid, Alexandra Henrion-Caude, Louis Fouché, et Hayssam Hoballah et de leurs liens avec différentes composantes de l’extrême droite.
Pour commencer, le site explique que le terme de « réinformation » est apparu en 1997 sous la plume de Bruno Mégret avant d’être théorisé par des personnalités issues de la Nouvelle Droite comme Jean-Yves Le Gallou pour présenter ses médias de propagande comme des sources d’informations alternatives. Qu’en est-il pour ReinfoCovid ? Alexandra Henrion-Caude est une épigénéticienne, ancienne directrice de recherche Inserm, institut qui l’a publiquement désavoué suite à ses propos en juillet 2020 à propos du Covid sur TV Libertés (web TV d’extrême droite). Elle est membre du comité d’honneur de l’Association des scientifiques chrétiens et engagée auprès de la fondation Jérôme Lejeune contre l’avortement et de l’association Cosette et Gavroche créé dans le sillage de la Manif pour Tous. Elle fait également la Une du magazine de Civitas, mouvement catholique ultra-traditionnaliste d’extrême droite, Hayssam Hoballah, militant actif du groupuscule Conseil National de Transition (CNT), il anime désormais une grande partie des conférences proposées par le collectif ReinfoCovid ?. Il donne la parole à Chloé Frammery, principale figure anti-masque de Suisse romande et elle aussi proche des catholiques traditionalistes et de la mouvance QAnon. Elle s’affiche régulièrement avec des amis d’Alain Soral, et de Dieudonné. En décembre 2020 elle lance le journal Hymne à la vie. En tête des conseils de lecture : Les Protocoles des Sages de Sion, le plus célèbre faux antisémite du XXe siècle. Autre invité régulier, Etienne Chouard revenu sur le devant de la scène lorsque le mouvement des gilets jaunes a repris son idée autour du référendum d’initiative citoyenne (RIC). Ses liens avec l’extrême droite sont connus depuis plusieurs années. En 2014 il déclarait « Pour moi, Alain Soral est à gauche parce qu’il se bat contre les privilèges. C’est un résistant. ». Prétendant avoir pris ses distances avec cette mouvance Chouard donnait pourtant en 2018 un entretien avec Vincent Lapierre, collaborateur de longue date d’Égalité et Réconciliation d’Alain Soral à propos de la création monétaire. En 2019, sur le plateau du Média, il affirmait n’avoir aucune certitude sur l’existence des chambres à gaz. Farida Belghoul, ancienne militante anti-raciste et maintenant proche de l’extrême- droite de Soral à l’occasion des manifestations contre le mariage homosexuel et sa croisade contre la “théorie du genre” ce qui lui vaut d’être acclamée par l’ensemble de la fachosphère et des catholiques ultra-traditionnalistes. Enfin il donne la parole à Valérie Bugault, ancienne avocate fiscaliste, ancienne coordonnatrice nationale de l’Union populaire républicaine (UPR), membre depuis plusieurs années d’Égalité et Réconciliation. En 2019, elle participe à la Fête du Pays Réel, le rassemblement de Civitas et en 2020 au rassemblement royaliste des Journées Chouannes à Chiré-en-

Montreuil, Le CNT où milite Hayssam Hoballah considère que le monde entier est gouverné par la franc-maçonnerie et que le mariage pour tous est une loi anticonstitutionnelle visant à nous émasculer.
Louis Fouché la figure la plus médiatique. Pour l’essentiel Louis Fouché donne des interviews à des médias proche de l’extrême droite comme Cnews, Sud Radio, Radio Courtoisie, France-Soir, mais aussi à des chaînes de médecines alternatives. Il répond également à des invitations de personnalité d’extrême droite comme François Asselineau ou Salim Laibi, ancien proche d’Égalité et Réconciliation. Le 6 mars 2021, Hayssam Hoballah organise un entretien entre Louis Fouché et Jean Robin, militant identitaire antisémite de longue date, compagnon de route d’Alain Soral et ancien adhérant à l’UPR de François Asselineau. C’est là que Louis Fouché nous fait part de ses réflexions sur le « jeu de vous remettre en amitié avec les policiers et policières municipaux, les CRS. Et il y en a plein là, peut-être même parmi nous. Je vous l’ai déjà dit mais dans le collectif il y a des généraux, des amiraux. Il y a des gens qui sont dans l’armée. » Il finira son intervention en demandant au public d’ovationner la police. Ce jour-là, il dira aussi « La guerre, c’est ce que sont en train de faire tous les gens qui sont devenus des SS et qui vous disent dans la rue : Mets ton masque, c’est pour ton bien, tu nous mets en danger ». Le 13 mai il déclarait à propos du pass sanitaire : « Pour moi ça crée un apartheid, une sorte d’étoile jaune que l’on colle sur les gens. ». Le 1er mai 2021, Louis Fouché inaugurait une nouvelle série de vidéos intitulées “La Monnaie – L’Argent”. Parmi ses trois invités : Marc Gabriel Draghi auteur en 2019 de « Le Règne des Marchands du Temple » dont la 4ème de couverture mentionne : “C’est donc ce pouvoir de l’argent qui a - de tout temps - permis aux grandes familles capitalistes d’exercer leur influence sur les empires, les royaumes, les États et les nations. [...] Ces mêmes familles qui, sans jamais s’exposer elles-mêmes, sont en passe d’imposer leur projet messianique, à savoir l’établissement, de gré ou de force, d’un gouvernement mondial dont Jérusalem serait la capitale. »

2 septembre. C’est la rentrée scolaire. Évidemment le couple Ménard est venu lors de l’inauguration de la nouvelle école élémentaire publique les Tamaris qui avait brûlée en novembre 2019. Cette fois-ci le maire n’a pas parlé de « rendre gorge » aux jeunes mis en examen pour l’incendie de cette école. Cela dit, le lendemain, les Ménard(s) n’ont pas oublié leur penchant « naturel » : ils ont rendu visite à l’école et au collège catholiques privés Fénelon accompagnés du directeur diocésain et de certains élus municipaux. Le Midi Libre précise d’ailleurs « L’une des spécificités de l’établissement est d’accueillir des élèves dits “à haut potentiel” pour lesquels des ateliers spécifiques (échec, japonais, sophrologie...) sont mis en place sur le temps méridien, animés par des intervenants spécialisés ». Ces initiatives du couple d’extrême droite sont accompagnées d’une campagne d'affiches dans toute la ville : reproduction d'une gravure tirée des manuels scolaires d'autrefois avec l'empereur félicitant et réprimandant les élèves lors d'une visite, avec ce texte : « Les élèves biterrois remercient Charlemagne ». Évidemment, pour le maire de Béziers, il y a peu de place à l'école obligatoire, gratuite... et laïque de la République française.

3 septembre. Comme la candidature d’Éric Zemmour semble de plus en plus probable, Robert Ménard, afin d’exister dans le champ médiatique, vient d’écrire une lettre « Chère Marine, ce qu'elle doit faire pour gagner ». Il y explique sa vision de la droite et distille en la tutoyant ses conseils pour l'emporter en 2022. Pour lui, il faut qu’elle se débarrasse des anciens pro-franco d’hier et des Pro-Poutine d’aujourd’hui et que « tu te défasses du Lepenisme » Dans la foulée, il a lancé (pour se placer ?) une invitation à Marine Le Pen et à Éric Zemmour pour discuter Présidentielles. « Marine et Éric, je leur dis : venez à Béziers et on discute, parce que je suis ami avec les deux ». Bref, après avoir soutenu Éric contre Marine, puis Marine contre Éric, il choisit d’être au centre du débat. Les deux protagonistes ont accepté le débat sauf que Marine Le Pen préfère un dîner autour d’une table tandis que le second plaide pour un débat public. Finalement, il n’y aura pas de débat. Une chose est sûre, c’est que maintenant plus personne ne pourra dire que Robert Ménard n’est pas d’extrême droite.

4 septembre. Les motards de la Brescoudos Bike Week (rassemblement de grosses motos style Harley Davidson) ont été reçu par le maire de Béziers et sa femme avec ces mots « Vous retrouver comme vous êtes, c’est du bonheur. Vous êtes la France qu’on aime. C’est cette France-là que j’aime et que nous avons envie de partager et de voir ailleurs ». Il faut dire que certains motards comme ceux du groupe "La Meute Infidel" ont manifesté récemment contre le pass sanitaire. Ils sont « prêts à protéger nos usages, nos coutumes, nos traditions et notre foi, face à un islam de plus en plus écrasant et sanguinaire, traitant notre foi de fausse croyance en un faux dieu, faisant de nous des mécréants et des infidèles. Nous sommes donc des infidèles, fier de notre foi, fier de nos traditions, fier de notre pays. » Bref, ces motards-là, ont dû être heureux d’entendre ce genre de message. Quant à la députée, Emmanuelle Ménard, elle a prononcé quelques mots dans un style très récup « Je voudrais féliciter toutes les femmes qui sont aussi sur leurs motos. Je suis toujours admirative de vous ».

4 septembre. Nouvelles manifestations anti-pass sanitaire dans toute la France avec un total de 141 000 personnes, selon la préfecture pour ce huitième samedi consécutif. Un chiffre en baisse mais le collectif militant comptabilisait 323 294 manifestants « minimum ». À Paris, où cinq rassemblements étaient programmés, des milliers de manifestants ont défilé depuis le pied de la tour Eiffel jusqu'aux Invalides, à l'appel du mouvement des Patriotes de Florian Philippot. En chemin, certains ont sifflé les clients des bars et restaurants, les traitant de « collabos ». Ils étaient également 7 000 à Montpellier, 3 700 à Lyon, répartis en deux cortèges, 2 900 à Nice, 2 700 à Lille, 2 400 à Nantes, selon la préfecture, 1 500 à Rennes, 2 900 à Bordeaux 2 200 à Strasbourg, plusieurs milliers à Marseille. Dans la ville de Sète, une trentaine de personnes se sont mobilisées. À Béziers, Pézenas, ou Bédarieux le mouvement de protestation se maintient également. À noter qu’à Grenoble l’extrême droite a attaqué le cortège du mouvement social pour arracher l’une de leur banderole sur la levée des brevets sur les vaccins. Plusieurs manifestants ont été blessés. À Annecy, la tête du cortège de la manifestation était assurée par un groupe de la mouvance néo-nazie « Edelweiss Pays de Savoie » (En référence à la fleur préférée d’Adolf Hitler).

4 septembre. Cela se précise. Après l'appel du mouvement Génération Z réunissant des jeunes autour d'une candidature d’Éric Zemmour c'est désormais au tour des "anciens" de monter un comité de soutien dans le département de l’Aude, les «Amis d’Éric Zemmour ». Une centaine de curieux sont venus débattre dont Robert Morio, ex- conseiller régional FN et ex-élu carcassonnais et Benjamin Cauchy, ancien élu de Debout la France mais aussi ancien porte-parole des Gilets jaunes à Toulouse. Selon le responsable régional de Génération Z. Vincent Poupon « Éric Zemmour serait le seul rassembleur envisageable des droites de tous horizons. Un homme providentiel, parti de rien ». Médiapart, révèle aussi que des médias proches de Marion Maréchal se sont mis très tôt au service de la campagne Zemmour. Par exemple, une chaine YouTube, lancée par Érik Tegnér et François de Voyer, des proches de l’ancienne députée FN, a offert une caisse de résonance à la campagne de Zemmour depuis plusieurs mois. Érik Tegnér est un ancien étudiant de L’ISSEP, école dont François de Voyer, un des plus proches amis de Marion Maréchal, est également le cofondateur. Le journal en ligne explique aussi qu’en dehors des médias traditionnels, l’équipe de Zemmour a parallèlement investi très tôt les réseaux sociaux. À la manœuvre, Samuel Lafont, longtemps spécialiste de la communication digitale chez Les Républicains et désormais totalement dévoué à la campagne d’Éric Zemmour dont le but est d’agir « au quotidien pour rendre son honneur à la France et leur fierté aux Français »,

5 septembre. Un journaliste du Midi Libre de Sète s’est glissé dans la file d'attente d’un laboratoire de test Covid. Il a assisté à un échange d’un racisme décomplexé. Ce jour-là, une dame est venue sans rendez-vous et s'en est pris à un vigile qui venait de faire rentrer, avant elle, des personnes venues avec un rendez-vous. « Elle lui a dit qu'il n'avait qu'à retourner dans son pays. » Comme il lui a expliqué qu'il était français, elle s'est mise alors à lui crier dessus. Une autre fois le responsable du laboratoire a vu un homme en uniforme s'en prendre à une famille d'origine maghrébine pour passer devant elle au motif que lui travaillerait. Alors pour calmer les propos racistes il a essayé de parler aux gens. Par exemple lorsque quelqu'un a accusé des voyageurs étrangers en partance pour le Maroc de venir là pour avoir des tests gratuits, il a expliqué que les Marocains payaient leurs tests. Ambiance !

8 septembre. On dirait que tout est fait pour favoriser la candidature d’Éric Zemmour. En effet, la cour d’appel de Paris estime que les propos racistes proférés à la convention organisée par Marion Maréchal en septembre 2019 par Éric Zemmour ne sont pas répréhensibles car « ils ne visent pas l’ensembles des Africains, des immigrés ou des musulmans mais uniquement des fractions de ces groupes ». Il avait pourtant déclaré « Ainsi se comportent-ils comme en terre conquise comme se sont comportés les pieds noirs en Algérie ou les Anglais en Inde. Ils se comportent en colonisateurs, les caïds et leurs bandes s’allient à l’imam pour faire régner l’ordre dans la rue et dans les consciences, selon la vieille alliance du sabre et du goupillon, en l’occurrence, la kalach et la djellaba ». Il est incroyable que les 3 magistrats aient écrit dans leurs attendus que le premier passage viserait : « des immigrés de confession musulmane en provenance d’Afrique ». « Les propos critiqués ne visent donc nullement l’ensemble des Africains, des musulmans ou des immigrés, mais seulement une partie de ceux-ci. » Même procédé, dans les autres passages attaqués par les associations. « Là aussi les propos querellés ne visent nullement l’ensemble des immigrés ou des musulmans, mais uniquement les immigrés de confession musulmane ». Et la cour n’y voit toujours pas une attaque contre « les musulmans dans leur ensemble », mais « seulement une partie d’entre eux, qui affiche une appartenance communautaire par le port d’un voile pour les femmes ou d’une djellaba pour les hommes ». Jérôme Karsenti, l’avocat de l’association, y voit « un crachat jeté au visage de la République». «On est à la veille d’une élection présidentielle, on a bien compris que Zemmour allait y jouer un rôle et que la question de l’identité allait être au cœur de cette élection. La question de l’identité telle qu’elle va être posée, à l’abri de cette jurisprudence, risque d’être tragique. En effet, cela veut dire que tout le monde pourra dire et écrire ce que Zemmour a dit ce jour-là du style « Aujourd’hui, nous vivons une inversion démographique qui entraine une inversion des courants migratoires, qui entraine une inversion de la colonisation. Je vous laisse deviner qui seront leurs Indiens et leurs esclaves, c’est vous ». Toujours selon Zemmour « les immigrés viennent en France pour continuer à vivre comme dans leur pays. Ils gardent [...] leurs lois qu’ils imposent aux Français de souche qui doivent se soumettre ou se démettre, c’est-à-dire vivre sous la domination du pouvoir islamique et du hallal ou fuir. » Il ajoutait encore « Il y a une continuité entre les viols, vols, trafics jusqu’aux attentats de 2015, ce sont les mêmes qui les commettent [...]. C’est le Djihad partout. ».

9 septembre. Robert Ménard déclare sur C-News qu’il est d’accord avec l’expulsion d’une mère de famille niçoise de son HLM faisant suite à la condamnation de son fils pour trafic de drogue. Pour lui « Les gens dont les enfants font du trafic de drogue, je les fous dehors ». En précisant qu’il a demandé l’expulsion d’une soixantaine de personnes et en a obtenues huit. Rappelons que seul un juge peut donner l’ordre d’expulsion et puis cette mesure affecte des familles qui sont déjà dans des situations dramatiques avec un

enfant délinquant et sanctionne aussi les autres enfants du foyer qui n’ont rien fait. Enfin, non seulement cette mesure ne résout pas le problème de la drogue mais elle vise à culpabiliser la famille comme si c’était elle, la responsable de la « mauvaise éducation » de leur enfant. Alors que la ville puis l’Agglo ont abandonné toutes actions de préventions, c’est franchement ignoble !

9 septembre. Enfin ! Le CSA a décidé de s’en prendre à Éric Zemmour en voulant comptabiliser ses heures de présence, sur CNews (une heure chaque jour) dans le cadre des élections présidentielles. CNews a donc retirer Éric Zemmour de l'antenne. En réponse Éric Zemmour a lancé sa propre chaîne YouTube. La décision du CSA ne nous étonne pas car on ne comptait plus le nombre d’affiches « Zemmour Président » qui ont fleuri partout et entre autres dans la région : Montpellier, Frontignan, dans l’Aude etc... sans parler des divers sites lancés par lui-même. Selon plusieurs sondages, il obtiendrait près de 8% des voix et grignoterait évidemment sur le RN puisqu’ils ont quasiment les mêmes idées mais aussi sur une partie de la droite. Dans la région, c’est le Républicain, Marc Taurelle, adjoint au maire de Nîmes qui a décidé d’accueillir l’écrivain, futur candidat, en octobre prochain. Le maire de Nîmes lui a retiré sa délégation mais l’adjoint au maire ne comprend pas cette décision. Pour lui « Éric Zemmour représente la droite forte ! ».

11 septembre. Pour le neuvième week-end consécutif, il y a de nouvelles manifestations contre le pass sanitaire et contre la vaccination obligatoire. La préfecture a comptabilisé 121 000 personnes dans toute la France, avant l’obligation vaccinale pour les personnels des hôpitaux et des Ehpad, les pompiers, les ambulanciers et les aides à domicile. En tout, 207 manifestations ont eu lieu dont quatre à Paris réunissant au total 19 000 personnes, De légers heurts avec la police ont émaillé le cortège autour des Champs-Elysées. À Toulouse il y a eu une agression liée à l’extrême droite : ils s’en sont d'abord pris à une banderole sur laquelle était inscrit « À bas l’État, les flics et les patrons - Révolution sans frontière » avant d'attaquer des gilets jaunes. À Montpellier, où le parcours avait été délimité par le préfet, il y avait environ 4 000 personnes. Il semblerait qu’après s’être fait sortir des manifestations précédentes, l’extrême droite a préféré manifester à Nîmes. À Béziers, il y avait entre 350 à 400 personnes dont des professeurs du lycée Jean Moulin.

15 septembre. Lors du Conseil national du RN qui s’est tenu à Fréjus, Marine Le Pen, après avoir cédé provisoirement sa place de présidente à Jordan Bardella, a déclaré à propos de l’avenir de la France « Il n’y a que deux alternatives soit c’est la dissolution de la France par la déconstruction et submersion soit le sursaut salutaire qui fera entrer la France dans le 3ème millénaire autour de l’idée de nation » Et d’ajouter qu’il s’agit pour elle « d’un choix de civilisation. ». Bref elle est bien dans le courant identitaire du grand remplacement.

15 septembre. Le journal du Biterrois est toujours un outil de propagande d’extrême droite qui se diffuse grâce à l’argent des contribuables. Par exemple dans le numéro 20 sur le don de la bibliothèque du secrétaire de Jean Moulin, Daniel Cordier, à la ville de Béziers. Comme par hasard, le journal de propagande de la ville insiste sur son passé monarchiste et maurassien. « On trouve donc sur les rayons l’une des plus belles collections de cette époque : Charles Maurras, l’idéologue de l’Action Française, mais aussi Léon Daudet, Bainville, Céline ou Drieu la Rochelle, auteurs sulfureux s’il en est. » Tous ces auteurs de « cette belle collection » ont activement soutenu le Maréchal Pétain. Or le journal La Pieuvre du midi, explique que « Daniel Cordier a rapidement quitté l’Action Française et il est entré dans la Résistance quand Charles Maurras a apporté son soutien à Pétain. C’est Jean Moulin qui l’a ensuite amené à des idées plus progressistes.... Daniel Cordier, se définira ensuite comme une personne de gauche non communiste jusqu’à la fin de sa vie. D’ailleurs, il a appelé à ne pas voter Marine Le Pen contrairement à Ménard. Pour lui « Marine Le Pen est la négation de tout ce pourquoi nous nous sommes battus » précise la Pieuvre... Ce que les lecteurs du JDB ne sauront pas.

Autre exemple de propagande à travers le titre sexiste pour promouvoir une nouvelle édition des « allées rétro » (voitures anciennes) à Béziers : Cylindrée mon amour ! avec comme illustration une jeune femme qui pose langoureusement devant une voiture. Un commentaire du rédacteur allant dans le même sens « De quoi fantasmer sur les courbes de jadis sans chrome... »

Le journal de la mairie relaie aussi la nouvelle campagne d’affiche « Muscle ton français » illustrée par trois jeunes enfants : un jeune métis, un autre probablement d’origine maghrébine et une jeune fille blonde. Cette étude surveillée organisée par la ville en direction des écoliers du CP au CM2, est payante (11 € par mois). Le journal explique « Elle sera gérée principalement par des enseignants ou, parfois, des bénévoles à raison d’une heure chaque soir ». L’orientation idéologique de cette propagande est claire et Robert Ménard le dit lui-même « Si on veut tout faire pour mieux intégrer les enfants d’origine étrangère, il faut leur permettre d’approfondir l’étude de la langue française, c’est la condition sine qua non. ». Ces cours payants remplacent les des cours du soir gratuits qui existaient avant. Enfin, autre aspect idéologique de ce journal « Franc biterrois Une monnaie bien de chez nous ! » Les billets de 5, 10 et 20 FB (Franc Biterrois) sont en circulation et nouvelle explication du le journal explique « Parmi les objectifs : en faire un symbole identitaire fort et favoriser le commerce local ! »

17 septembre À la Médiathèque André Malraux (MAM), l’extrême droite précise sa vision culturelle. Le journal La Pieuvre du Midi explique « Il y a eu des réductions, d’heure d’ouverture, des services ouverts au public, réductions du budget pour acquisitions des livres, revues, DVD et autres documents, réductions du nombre d’agents travaillant dans l’établissement et des ressources numériques. En 2020, pour le premier trimestre, il y avait 24 animations après 18H30 (conférences, café philo, projection de films spectacles etc. Pour le dernier trimestre de 2021, rien n’est prévu. Au 1er trimestre 2020 4 séances de Ciné Opéra, une seul pour la fin 2021 Et puis, les gouters philo pour les enfants de 8 à 12 ans ont disparu. » En revanche, Frédéric Louarn, plus connu sous son nom de scène Hérodit’com, doit donner une conférence à la MAM le 9 octobre. Ce dernier raconte l’histoire d’une manière assez orientée. Sur son site, il aime surtout raconter des histoires autour des croisades. Il parle aussi « des hordes de révolutionnaires marchant sur le palais d’Hiver ! », pendant la Révolution d’octobre en Russie. Enfin, une bonne partie de ses références musicales sont celtes, nordiques ou vikings. Finalement, pour le journal La pieuvre du midi, « la logique est implacable, moins de personnel et moins de services ouverts se traduisent par une chute de la fréquentation et du nombre d’usagers inscrits »

17 septembre. Cette fois-ci c’est l’inauguration officielle de l’école des Tamaris. Les acteurs institutionnels ayant participé à la reconstruction express de l’école se sont exprimés devant les élèves. L’école est belle soit mais l’organisation pose problème : les classes maintenant donnent sur la cour (les couloirs reliant les classes ayant disparu). Si l'éducation physique se fait dans cette cour, les classes doivent fermer leurs fenêtres, même par temps chaud. Cela dit, lors de l’inauguration, Robert Ménard a rappelé l’engagement pris à l’époque, « celui de faire redémarrer cette école le plus vite possible. ». On pourrait ajouter surtout quand ce n’est pas l’argent de la mairie). Puis il poursuit avec sa nouvelle vulgarité populiste : « C’est une victoire contre les abrutis, les petits connards, les petits salopards qui ont mis le feu ! C’est une revanche contre la bêtise. » Pour l’heure, cinq personnes sont mises en examen, trois mineurs et deux majeurs, ces derniers étant actuellement placés en détention provisoire (contrairement aux policiers mis en examen pour la mort de Mohamed Gabsi).

18 septembre. Nouvelles manifestations anti-pass sanitaire. Le mouvement semble marquer le pas. On notait 80 000 manifestants selon la police pour 199 rassemblements dans toute la France, dont 3 000 à Montpellier (toujours selon la police).

18 septembre. Des habitants de la Devèze ont jeté des pierres sur le pare-brise d'une balayeuse de voirie, en menaçant les agents municipaux qui la conduisaient dans la foulée. Aussi, juste après leur droit de retrait, il semblerait qu’une opération de com, s’est mise en place rapidement avec le maire, son épouse, le sous-préfet Pierre Casteldi (ancien chef de cabinet du ministre de l’intérieur Hortefeux), le commissaire de police nationale et le chef de la police municipale qui se sont tous rendus sur les lieux dès le lendemain. Sans rien savoir de l’histoire, Robert Ménard avait déjà déclaré la veille sur France Bleu Hérault que ce méfait aurait été commis par « des petits cons [qui] n'ont pas envie qu'on les emmerde (sic) à 8h30 du matin, car ils se sont couchés tard et ont vendu de la drogue toute la nuit. »

24 septembre. Les anti-corrida du Comité de liaison biterrois pour l’abolition de la corrida (Colbac) ont de nouveau manifesté sur les allées Paul-Riquet pour dire « Stop à l’initiation à la tauromachie dans les centres de loisirs de Béziers ». En ajoutant : « Nous dénonçons les sorties au musée taurin, aux arènes et à la ganaderia de Robert Margé et les démonstrations par les élèves de l’école taurine de Béziers, mises en place par la municipalité, en collaboration avec la fédération des clubs taurins du Biterrois (FCTB), durant des mercredis de septembre et octobre. » Le Colbac a écrit à Sarah Et Haïry, secrétaire d’État auprès du ministre de l’éducation, de la Jeunesse et des Sports, chargée de la jeunesse et de l’engagement, pour lui demander une intervention en ce sens auprès de la Ville de Béziers, « et faire cesser les activités en lien avec la tauromachie et tout partenariat avec les clubs taurins, dans les centres de loisir ». L’Union taurine biterroise, qui gère le musée taurin a vivement réagi en expliquant leur rôle qui est de faire découvrir un bout du patrimoine historique biterrois.

24 septembre. La taxe foncière 2021 est arrivée dans les boites aux lettres. Elle est marquée par la hausse de 15% de la Taxe d’enlèvement des ordures ménagères pour les contribuables de Béziers, Sauvian, Sérignan, Villeneuve-lès-Béziers et Valras. Cela représente une augmentation d’une cinquantaine d’euros pour un contribuable moyen par rapport à 2020. À cette hausse, les propriétaires d’une maison de 125m2 avec jardin ont vu s’ajouter pour 25 € en moyenne la taxe Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) « Les promesses de Robert Ménard de ne pas augmenter les impôts s’arrêtent à la porte de l’Agglo », dénoncent les communistes Nicolas Cossange et Aimé Couquet « Il poursuit de fait, la politique initiée sous Couderc et maintenue sous Lacas. Elle consiste à faire payer plus que nécessaire aux Biterrois le fonctionnement de la collecte des ordures ménagères et à reverser à la commune environ 3.5 millions d’euros par an. »

25 septembre. 63 700 toujours manifestants en France contre le pass-sanitaire et pour certains contre la vaccination, selon le ministère de l’intérieur mais quand même 197 rassemblements : 7 200 à Paris et 2 000 à Montpellier.

25 septembre. Rencontre et débat très intéressants à Alénya (66) dans le cadre de la fête de l’UD CGT 66 entre des syndicalistes CGT des Pyrénées Orientales (Perpignan) de l’Hérault (Béziers) et du Tarn et Garonne (Moissac) avec des Visa Locaux 66 et 34 autour de la gestion des villes brunes notamment d’Occitane. Le début d’un travail en commun.

27 septembre. Au cours du conseil municipal de Béziers, nous avons appris que Béziers va renforcer sa police municipale d’une brigade cynophile (des chiens dressés). Il y aura donc 5 chiens renifleurs dans la ville pour trouver notamment des drogues. Sauf que les contrôles de stupéfiants font partis des compétences de la police nationale, pas municipale. Toujours très libéral, Robert Ménard a décidé l’ouverture des commerces de la ville sur douze dimanches durant l’année 2022. À noter, mais ce n’est pas nouveau, la majorité municipale ne discute jamais des propositions et délibérations du maire... Ils pourraient ne pas être là, cela ne changerait rien aux débats, seule l’opposition pose des questions et seul Ménard répond avec son mépris habituel. Par exemple, lorsque l’élu EELV Thierry Antoine a critiqué l’installation du parking Silo place de Gaulle, le maire lui a répondu que son avis n’était pas partagé par la population et il s’est moqué des déplacements personnels de l’élu écologiste en vélo. Autre exemple : lors d’une délibération sur le prolongement du contrat avec la compagnie Gruss, Nicolas Cossange (élu PCF) a attiré l’attention sur les nuisances sonores entendues lors des nuits disco à l’extérieur du chapiteau dans le quartier des Faubourg jusqu’à 3H du matin. Il a demandé le report de cette décision alors même que la police municipale serait intervenue à trois reprises. Ménard a balayé la remarque en expliquant qu’il n’y avait eu aucune plainte et la résolution a été adoptée malgré la demande d’enquête de l’élu d’opposition

28 septembre. Extraits de l’article de Mediapart autour de la parution du livre de l’historien Richard Vassakos « La croisade de Robert Ménard ». L’auteur explique que le maire de Béziers « mène une bataille culturelle qui passe pour beaucoup par une réécriture de l’histoire, puisant dans les angoisses identitaires de notre époque. Il manipule de façon complexe et adroite le récit national pour accréditer l’idée d’un choc de civilisation en cours, provoqué par une immigration « colonisatrice ». Une mémoire qui pose un « eux » et « nous » ne pouvant conduire qu’à la guerre civile. ». Il précise que Robert Ménard mène cette bataille culturelle via la communication. « Il est le seul maire d’une ville de 75 000 habitants à passer à la télévision, à la radio, pratiquement chaque semaine. Entre janvier et juin 2021, il a eu 70 passages en télé ou radio. Il bénéficie aussi de tout l’écosystème de la « fachosphère », qui relaie amplement ses discours. Il intervient régulièrement sur son site Boulevard Voltaire – créé avec Emmanuelle Ménard – mais il a aussi un compte Twitter, un compte Facebook qui sont très suivis. En dehors de ces éléments propres à sa personnalité médiatique, il y a tous ceux attachés à sa fonction de maire. Ménard a doublé le budget de la communication de la ville qui s’élève à environ 800 000 euros par an. Le Journal de Béziers est devenu bimensuel, une fréquence peu commune pour des localités de cette envergure. Robert Ménard est directeur de la publication et rien ne se fait sans son aval. Il l’a transformé, sur la forme, en news magazine avec des articles qui se veulent plus ou moins humoristiques mais qui sont souvent très orientés. L’éphéméride est un bon vecteur pour faire passer discrètement ses idées, comme lorsqu’en pleine crise des migrants, il publie : « 25 mai 1720 : arrivée d’un bateau en provenance de Syrie amenant la peste. » On est toujours dans l’allusion, le sous-entendu. L’éphéméride rapporte aussi régulièrement des faits divers qui se sont produits dans l’Algérie coloniale pour montrer la brutalité du monde arabo-musulman, avec une forme d’essentialisation ». En dehors de cette communication, l’historien parle de la dénomination des rues en commençant par celle du 19 Mars 1962 (date des accords d’Évian mettant fin à la guerre d’Algérie) remplacée par le commandant Hélie Denoix de Saint-Marc, ancien putschiste d’Alger qui voulait renverser la République en 1961. « Il y a aussi la promenade Beltrame (gendarme tué par un islamiste) une rue du Père Hamel, un rond-point du 13-Novembre, avec un point commun à chaque fois, les attentats islamistes et l’insistance en filigrane sur une thématique qui lui est chère : le choc des civilisations ». Richard Vassakos poursuit : « Ménard adore faire des discours et il utilise l’Histoire de façon habile pour faire avancer ses idées en récupérant des personnages historiques, des résistants, pour faire bien souvent son propre portrait en creux. Loin de la tradition républicaine de la résistance de la ville, lui serait le résistant face à la submersion migratoire, à l’islamisation. D’ailleurs « il faut rappeler qu’en 2015, Robert Ménard avait souhaité que Renaud Camus, qui a popularisé le mythe du grand remplacement, écrive l’histoire de Béziers. Cela ne s’est finalement pas fait, mais c’était un choix éloquent. La mécanique de la rhétorique de Ménard est la même que celle de Zemmour. Le choc des civilisations, le grand remplacement – qui n’est pas nécessairement formulé sous ce nom- là mais qui est constamment suggéré – reviennent cycliquement. Cette vision identitaire crée un « eux » et un « nous ». Elle désigne l’ennemi et l’identité des bons Français. Chez Ménard, cette thématique est aussi matinée de prosélytisme religieux en présentant la religion catholique comme assiégée. »
À propos de l’installation de la crèche dans la mairie, l’auteur explique que « c’est une rupture avec l’histoire de la ville de Béziers, très tôt déchristianisée et qui a été une citadelle radicale socialiste jusque dans les années 1970 ». Mais aussi « Désormais il y a une messe à l’occasion du 8-Mai. Il a relancé la fête de Jeanne d’Arc avec un dépôt de gerbe devant la statue qui se trouve devant la cathédrale Saint-Nazaire. La féria de Béziers débute aussi désormais par une messe dans les arènes ». Richard Vassakos insiste ensuite sur « la récupération des figures du camp adverse pour élargir son audience, mais aussi mettre en défaut ses adversaires. Ménard l’a fait avec la figure de Jean Jaurès mais son socialisme est effacé, son pacifisme aussi, Même chose avec la réappropriation de Jean Moulin, originaire de Béziers, ce qui lui permet aussi de réécrire sa version de la Résistance.

Jean Moulin est célébré par Ménard comme une figure patriotique, voire patriotarde, en oubliant totalement qu’avant la Seconde Guerre mondiale, il appartient à l’aile gauche du parti radical, c’est un antifasciste qui se charge notamment de faire passer des avions en Espagne. Dans le récit de Ménard, tout cela est occulté, tout comme l’engagement profondément républicain de Moulin dans la Résistance, qui est un engagement hérité de son père, fervent républicain, élu de la ville et conseiller général de Béziers. À travers cette réécriture de l’Histoire, il y a aussi l’idée de faire de la Résistance uniquement une résistance à l’étranger plutôt qu’à l’idéologie nazie. Il use et abuse d’ailleurs de la figure de Daniel Cordier, le secrétaire de Jean Moulin, qui en 1939 était proche de l’Action française mais évolua très vite aux côtés de Moulin. Il s’en sert pour dire qu’une bonne partie de la droite monarchiste et nationaliste était à Londres. Cette lecture de la Résistance minimise le rôle de la gauche et dépolitise la Résistance. C’est aussi une façon de réhabiliter l’extrême droite maurrassienne dans laquelle Ménard puise l’essentiel de son fonds idéologique. (D’ailleurs le journal du biterrois du 15 septembre insiste sur les auteurs les plus collaborationnistes ou antisémites du secrétaire de Jean Moulin en ces termes « la plus belles collections de cette époque : Charles Maurras, l’idéologue de l’Action Française, mais aussi Léon Daudet, Bainville, Céline ou Drieu la Rochelle » NDA). Finalement, l’historien conclut « En observant toutes ses références, on peut dire qu’il y a un fonds maurrassien auquel il agrège Huntington pour Le Choc des civilisations et Renaud Camus pour Le Grand Remplacement. Il fait un syncrétisme avec tout ça qui correspond au fond à son projet d’union de toutes les droites, qui n’est autre qu’une resucée du « compromis nationaliste ».

29 septembre. Bertrand Gelly maire de Corneilhan, pro-Ménard au sein de l’agglomération, se place dans la foulée du maire de Béziers. En effet, il a fait voter la baisse des subventions aux associations de 40%... et celle de la révision général de PLU (plan local d’urbanisme) alors que l’opposition n’a même pas reçu les documents concernant ce dossier.

 

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