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VISA 34 : faits et méfaits de l'extrême droite dans le 34 - juin 2021

mer 07/07/2021 - 10:11
Illustration

1er juin.

Pour être en lien avec l’actualité, la Une du Journal du Biterrois (journal de propagande de Robert Ménard) titre « On déconfine » accompagnée de la photo d’une jolie femme en bikini allongée au soleil sur le pont d’un yacht. Dans ce numéro, on apprend qu’une campagne nationale de pub a été lancée avec ce titre mensonger « Béziers-sur-Mer » faisant croire que Béziers serait une ville côtière, alors qu’elle se trouve à 12 km de la mer. « Avec une énorme ambition : faire connaître à la France, voire à l’Europe, que notre cadre de vie est une formidable destination de vacances, à la fois culturelle et pour les loisirs. » dit sans rire le journal. On comprend mieux pourquoi Robert Ménard a viré l’ancien directeur de l’office du tourisme qui était contre ce genre de communication. Évidemment, la photo de cette campagne de mensonge est illustrée par un couple des années 50, allongé sur le sable, le regard niais, un sourire aux lèvres... Tout fait faux dans cette pub. On tourne la page, et on se retrouve de nouveau sur un yacht privé, avec toujours une jolie femme qui nous regarde, un verre de Martini (ou de vin ?) à la main et des lunettes de soleil. Titre de l’article « La grande évasion ». Et le commentaire qui l’accompagne « Vous pouvez embarquer sur un yacht et passer la journée au large. Soudain, vous êtes au paradis. La grande bleue enrobe vos pensées, vous êtes allongé, un cocktail à la main, la côte de bœuf grille en douceur sur la plancha, la musique lounge vous berce et enfin, vous décrochez. Tout cela, c’est possible ». Mais les tarifs vont de 650 € (demi-journée) à 1950 € (journée de 9h à minuit), auxquels il faut ajouter la restauration et les boissons. Rappelons-le, Béziers est une des villes les plus pauvres de France.

2 juin.

Glissement. En ce début de mois, juste avant les élections régionales et départementales, il est clair qu’une partie de la droite française est en train de se déchirer... D’un côté, il y a ceux qui disent comme le vice- président des Républicains, Guillaume Peltier, avoir « les mêmes convictions » que Robert Ménard maire de Béziers « Échanger, discuter, travailler avec Robert Ménard ne me dérange en rien. (...) c'est un élu indépendant ». Une perche que le maire de Béziers n'a pas tardé à saisir « Je salue la lucidité, le courage et l'audace de Guillaume Peltier ! », en précisant dans un second message : « Nadine Morano, Éric Ciotti, Guillaume Peltier, des personnalités qui n'ont pas peur de dialoguer avec toute la droite et mettent la France au-dessus de leurs intérêts personnels ou partisans ! ». Mais, pour une autre partie de la droite, ce glissement vers l'extrême droite est jugé intolérable. Par exemple à Colmar en Alsace, Jacques Cattin, député LR, a donné un coup de poing à Christian Zimmerman, conseiller régional et chef de file du RN en Alsace. Cela s’est passé durant un rassemblement pour les langues régionales. Ce qui était un hommage pacifique à la langue locale alsacienne a tourné à une sévère castagne entre les deux élus.

4 juin.

Glissement encore. Le journal La pieuvre du midi publie une interview de Frédéric Bort, ancien directeur de cabinet de l’ancien maire PS de Montpellier, Georges Frèche. Il y explique comment il a accepté de se retrouver sur la liste du RN de Jean-Paul Garraud « C’est George Frèche qui m’a inculqué la défense des gens ordinaires contre les élites. Ce sont eux que le PS a abandonné, il y a 20 ans aux profits des minorités. (Sic) Moi je veux revenir sur ces bases-là... Je me rends compte qu’il y a d’un côté les élites qui profitent de la mondialisation et de l’autre les gens ordinaires qui sont laissés pour compte. Et le RN est actuellement le seul parti qui s’occupe de ces gens-là (re-sic) ».

6 juin.

Robert Ménard, après avoir dénoncé la dirigeante du RN et soutenu Éric Zemmour, explique à l’approche des élections que « Marine Le Pen est la seule alternative crédible face à Macron ». On le retrouvera donc en soutien, au candidat RN en Occitanie, Jean-Paul Garraud, sa photo sera même sur les tracts de campagne pour les régionales. Bien sûr, il précise qu’il a des désaccords avec le RN notamment « sur la retraite à 60 ans avec 40 annuités pour avoir un taux plein. » Il se réclame lui d’une « droite autoritaire et libérale parce que le libéralisme économique est la seule chose qui fonctionne ». Et comme il aime toujours se placer, il

ajoute « J’ai la chance d’incarner une passerelle parce que je parle aux uns et aux autres. Et qu’à Paris, Emmanuelle, mon épouse, a le respect des uns et des autres, parce qu’elle travaille ». Il oublie un peu vite le tollé qu’elle a déclenché en parlant de l’État français (référence au gouvernement de Pétain) en oubliant la République.

6 juin.

Justement dans le Midi libre, Jean-Paul Garraud (Droite populaire comme Thierry Mariani en PACA et chef de file RN en Occitanie) développe son programme. Il veut créer « une police ferroviaire, doubler les équipements de sécurité et des polices municipales, installer plus de caméras devant les lycées et mettre des agents (ex-policiers) pour faire des rondes ». Bien sûr, il veut créer des centre médicaux d’urgence mais aussi faire un moratoire sur les éoliennes car pour lui « il y a un danger pour l’environnement, un côté polluant dans leur fabrication notamment avec les off-shore » sans parler de l’aspect esthétique qu’il dénonce. En fait, il soutient le nucléaire car « Même en couvrant la France d’éoliennes, on n’arriverait pas à produire de l’énergie équivalente au nucléaire ». Et dans, le journal L’Incorrect, proche des amis de Marion Maréchal, interviewé dans sa propriété de Libourne (à une trentaine de kilomètres de Bordeaux) surmontée d’un drapeau tricolore installé sur un mat de 12 mètres, il développe ses idées. Tout d’abord, il est un adepte de la théorie du « Grand remplacement ». Il explique « Nos concitoyens doivent comprendre qu’il faut maintenant se tourner vers tous ceux qui veulent limiter, de façon drastique l’immigration et restreindre les conditions d’acquisition de la nationalité française. C’est une absolue nécessitée sinon nous serons complètement submergés. Il faut en finir avec cette lâcheté coupable qui a consisté à installer en France, des gens qui n’avaient aucune volonté de s’assimiler, ni même de s’intégrer et qui en réalité, ne sont venus que pour lutter contre la France de l’intérieur et tenter d’instaurer un système de valeurs à l’opposé des nôtres.». Puis sur la prison, il veut bien entendu un système encore plus répressif « contrairement à une idée trop répandue, je crois aux vertus de la courte peine d’emprisonnement. Or entre une peine prononcée et une peine exécutée, il y a un abime ». Il précise qu’il est contre les remises de peine. Aujourd’hui « les juges d’application des peines peuvent transformer la peine prononcée et la remplacer par une peine dite alternative, dans le cadre de laquelle le délinquant bénéficiera de tout un suivi d’experts, de conseillers psychologiques et en réinsertion etc., à tel point qu’il m’est arrivé de dire qu’on accorde plus de sollicitude aux délinquants qu’à des gens honnêtes. »

8 juin.

Le conseil municipal de Béziers a adopté le « Franc biterrois » pour le personnel municipal. Contre 50 € donné au Groupement d’œuvres sociales (GOS), les employés de la Ville recevront 100 francs Biterrois. Cet argent permettra de faire des achats dans un commerce mais seulement du centre-ville de Béziers. Cela dit, plus inquiétant, les cow-boys de Béziers (la police municipale) vont faire des émules. En effet, une convention entre les communes de Béziers et celle de Cers (dirigé par un pro-Ménard) a été prolongée. Elle permet une mise en commun des équipements de police municipale et de leurs agents de police. Béziers s’apprête à étendre le dispositif à Corneilhan. Bref, si cela continue, on assistera à la création d’une police de l’Agglo : chaque policier pourrait intervenir sur le territoire de la commune voisine. Christophe Pastor, maire de Corneilhan, le confirme : « C’est désormais beaucoup plus facile depuis que la loi « Sécurité globale » a levé la limite de 80 000 habitants pour cette « mise en commun » des polices municipales ».

9 - 10 juin.

La communauté juive de La Grande-Motte (Hérault) vient d’être visée par une lettre de menace de mort. Un individu y tient des propos antisémites et nazis, en écrivant « J’attendrai que votre p.... de synagogue de merde soit bien pleine comme ça je ferai un nettoyage (...) Je suis très armé, j'ai plusieurs Kalachnikov et beaucoup de munitions. Même la police du GIGN ou le Raid ne me battra pas. Je suis très entraîné ». Déjà la veille, la communauté juive de Béziers avait aussi été menacée de mort dans une lettre où l’auteur affirmait vouloir tuer encore plus de juifs avant de s’en prendre aux Ménard. Exemple de sa prose : « Vous êtes des parasites et même le cancer de l’humanité... J’ai acheté des Kalachnikov exprès pour vous et je ferai plus de carnages que le Bataclan. » D’après les enquêteurs, les deux courriers se ressemblent beaucoup, dans les propos comme dans l'écriture. À noter que SOS Racisme de Béziers, l’Association culturelle des Français musulmans de Béziers et le groupe de dialogue islamo-chrétien « Ensemble pour la paix » ont apporté leur soutien à la communauté juive de Béziers.

11 juin.

Nicolas Chambon, cet ami de Robert Ménard, est propriétaire des Galeries Lafayette mais aussi du centre commercial le Polygone à Béziers. Il gère les boutiques des commerçants de ce centre commercial d’une drôle de manière. En effet, récemment les commerçants ont lancé une pétition signée par plus de 280 personnes : « Nous faisons face à une direction qui s’auto-satisfait de ses décisions, qui ne nous concerte jamais, qui nous prend de haut, qui ne nous respecte pas. ». On croirait entendre les employés de la mairie de Béziers parler de Robert Ménard. Ils protestent notamment contre les ouvertures imposées le dimanche jusqu’à la fin du mois d’août. « On nous oblige à ouvrir le dimanche pour rattraper le chiffre d’affaires, mais ce qui est perdu est perdu ! Cette démarche est contre-productive, puisque la fréquentation a été très basse ces derniers dimanches, tandis que les salariés devaient être payés double et rattraper un jour en semaine ». Certains dénoncent également le timing de cette injonction : « On nous a annoncé qu’il faudrait ouvrir le dimanche de la fête des mères en ne nous laissant que quelques jours pour nous organiser. Mais nous avons un personnel, une masse salariale à gérer, ça ne peut pas se faire à la dernière minute ! ». Face à ces contraintes, plusieurs commerces ont choisi de désobéir au bailleur en restant fermés. La direction du centre a alors distribué des amendes d’un montant allant de 12 000 à 50 000 €. Suite à ce vent de protestation paru notamment dans la presse, des négociations ont finalement eu lieu avec la direction du Polygone, afin de trouver un terrain d’entente et surtout de calmer la révolte.

12 juin.

Des manifestations ont eu lieu un peu partout en France pour les libertés et contre l’extrême droite. Dans l’Hérault, il y avait plusieurs manifestations dont une de plusieurs centaines de personnes à Montpellier.
À Tarbes (Hautes-Pyrénées), deux agressions ont eu lieu juste après la dispersion de la manifestation : La première contre une groupe de jeunes militants révolutionnaires qui sortaient d’un parking. Les agresseurs s’en sont pris violemment à la voiture. La seconde s’est déroulée contre des militants du syndicat Solidaires et des jeunes de l’UCL qui rentraient tranquillement chez eux. S’apercevant qu’ils étaient suivis par plusieurs militants d’extrême droite, ils ont réussi à se réfugier au domicile de l’un d’eux sans qu’il n’y ait de blessé. Fous furieux, les individus ont donné des violents coups dans la porte de l’immeuble avant de partir.

15 juin.

Décidément Robert Ménard aime bien la Légion. Il a d’abord fait la publicité pour la 13ème DBLE (Demi-Brigade de la Légion Etrangère (basée à La Cavalerie dans le Larzac). Certains de ses militaires avaient tenus des propos ouvertement racistes et fascistes avant d’être virés. Ensuite il a publié dans son journal de propagande une double page pour annoncer les manœuvres de cette même légion à Valras. Il réitère dans son journal en se faisant photographier en tenue kaki, entouré de ces légionnaires, consultant une carte d’état-major prise à l’aéroport Béziers Cap d’Agde. Tout semble faux dans ce photomontage. Cela dit, il faut savoir que le maire de Béziers a dans le passé déclaré qu’il voulait envoyer l’armée dans le quartier populaire de la Devèze...

16 juin.

Juste avant les élections, voici quelques déclarations des candidats RN aux départementales :
- Bruno Lerognon (ancien commandant de police à la retraite et candidat à Pézenas) s’en prend aux mineurs non accompagnés (Mineurs ayant fuient les guerres pour chercher un pays refuge). Pour le candidat RN « Le

département encourage la fraude à l’immigration et la fraude sociale. » Il ajoute « Un mineur non accompagné (MNA) coute 50 000 €. On arrive ainsi à 45 millions € de dépense pour ce poste soit les deux tiers du budget consacré aux collèges. » Bien sûr pour lui « Il faut revenir à une gestion à l’euro près et chercher des économies, notamment en créant un outil de surveillance à la fraude au RSA et en diminuant les dépenses de fonctionnement. » Aussi comme Jean-Paul Garraud, il voudrait « sécuriser les abords des collèges et des crèches avec caméras » et en bon libéral « baisser les charges des entreprises pour qu’elles embauchent »

- Stéphanie Galzy et Giles Charpentier candidats RN à Cazouls-lez-Béziers veulent eux aussi faire des économies et « réduire la fraude à la solidarité »
- Laurent Claisse-Kerviel, candidat RN à Clermont l’Héraut explique « Il est temps d’envisager une refonte en profondeur des dépenses publiques. Je ne suis pas contre les aides sociales quand elles sont justifiées, mais selon moi, financer des mineurs isolés étrangers, aider au logement des clandestins se fait au détriment des aides publiques en faveur de l’éducation de nos enfants, le bien-être de nos ainés et l’insertion des personnes en situation de handicap. » Tout cela c’est le programme plutôt policé du RN.

Mais en Occitanie (dans l’Aude) un candidat-remplaçant RN dans le canton de Castelnaudary s’est un peu plus lâché sur sa vision du monde et notamment des migrants. Henri Lopez Terres a laissé quelques assertions sur sa page Facebook du style : « Arabes, migrants et cafards, qu’ils soient mineurs ou pas, sont des nuisibles ! Quand je trouve une famille de cafards prête à s’installer dans mes placards, je n’épargne jamais les petits, parce qu’il n’y a pas besoin d’avoir fait l’ENA pour comprendre que ces petits cafards deviendront un jour de très gros cafards, et sûrement pas de gentilles coccinelles... Aucune pitié n’est de mise. C’est une simple question de survie. »

Ou encore le 18 mai 2021 dernier au sujet du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, qu’il appelle "Moussa Douar-malin" : « Il mérite une mention spéciale pour son traitement de la vente de crack sur la place Stalingrad à Paris : chacun sait depuis des mois qu’elle est assurée à 95 % par des Sénégalais (présumés mineurs mais pour la plupart quadragénaire), et au lieu de les renvoyer à la mer avec une pierre autour du cou, voilà qu’il les isole en les décalant à 500 mètres de leurs lieux d’exaction, en transformant le Jardin d’Éole en parc animalier, où les enfants qu’ils terrorisaient à Stalingrad vont pouvoir enfin aller se détendre, en jetant des bananes et des cacahuètes par-dessus les grillages à ces singes assassins. » Enfin le 25 mai dernier, Henri Lopez Terres évoque l’équipe de France de football en ces termes : « Cette équipe des ‘‘bleus’’ qu’on voudrait nous faire passer pour des héros nationaux modernes. Alors qu’elle n’est qu’une troupe de singes à peine bons à courir derrière un ballon mais surtout actifs pour cracher dans la soupe qui les nourrit. Il faut commencer à penser à construire le balai géant avec lequel on va foutre toute cette fange à la mer ! »

16 juin.

En 2017, deux associations féministes avaient dénoncé et porté plainte contre une campagne d’affichage dans la ville de Béziers montrant un homme étranglant une femme affublée du slogan « Dotations, emplois aidés, logement, subventions... L’Etat étrangle les communes ». Hélas, en appel, la justice vient de rendre son verdict et donner raison à Robert Ménard. Les juges ont quand même admis que l’affiche utilise un « ton provocateur » mais qu’elle « ne porte pas de message à connotation sexiste et menaçant pour les femmes ». Etrange !

18 juin.

On se souvient des militaires qui avaient lancé une pétition via le magazine Valeurs actuelles (signée par le couple Ménard) pour expliquer qu’ils allaient rétablir l’ordre par les armes si cela continuait. Maintenant un de ces signataires, Dominque Delawarde, général à la retraite est interviewé sur C.News. À la question du journaliste Claude Posternak lui demandant d’expliquer ce qu’il entendait par « la meute médiatique occidentale qui a le contrôle. » il a répondu tranquillement, et en souriant : « Vous savez bien qui contrôle la

meute médiatique dans le monde et en France. Qui contrôle le Washington Post, le New York Times, chez nous BFMTV et tous les journaux qui viennent se grouper autour. ». Devant l’insistance de Claude Posternak pour savoir qui, il a alors répondu « C’est la communauté que vous connaissez bien », (sous-entendant la communauté juive). L’animateur de l’émission, Jean-Marc Morandini est alors intervenu « On ne peut pas laisser dire ça sur l’antenne, je suis désolé, on coupe, on enlève le général, C’est surréaliste. ».

20 Juin - 1er tour des élections régionales et départementales

Pour les élections régionales. Donné par les sondages en tête dans six régions sur treize, dont trois régions gagnables, le Rassemblement national (RN) recule partout en France. Il ne se hisse de justesse en tête que dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA). En Occitanie, une région sur laquelle misait le RN, Jean-Paul Garraud, donné par les sondages à près de 33 % des voix, n’en a rassemblé que 22,61 %, très loin derrière la présidente socialiste sortante, Carole Delga (39,57 %). Louis Aliot avait lui obtenu dix points de plus en 2015. Ouf, on respire ! Cela dit, il semblerait que le RN a été pénalisé par l’abstention. En effet, selon un sondage, 73 % des électeurs qui disent avoir voté pour Marine Le Pen en 2017 ne se sont pas déplacés.

Le plus grand gagnant de ce scrutin a été l’abstention (62,76% pour l’Occitane et 66,71% pour l’Hérault). Cela remet sérieusement en cause l’idée d’une véritable démocratie représentative.

À noter tout de même que dans 2 départements, les scores de l’extrême droite frôlent ceux de Carole Delga :

Autour de Béziers, Jean-Paul Garraud obtient un très bon score autour de 45%.
Pour les élections départementales, les candidats pro-Ménard dans les trois cantons autour de Béziers sont arrivés en tête. A noter que sur les trois binômes il y a quand même un ancien DGSE et gérant d’une entreprise de sécurité (Gilles Sacaze), un ancien officier de police à la retraite (Denis Marsala) et une directrice d’une école catholique privée (Nicole Zénon) et une enseignante également dans le privé (Marie Hirth). Deux sur trois ont dépassé la barre des 50% mais doivent passer un deuxième tour car il n’y avait pas assez de votants :
Canton Béziers 1 : Marie Hirth-Denis Marsala 46,26 %.
Canton Béziers 2 : Marie-Emmanuelle Camous-Gilles Sacaze, 63,92 %.
Canton Béziers 3 : Jean-Louis Respaud-Nicole Zenon 55,43 %.
Partout ailleurs, les candidats RN du département sont arrivés en seconde position sauf dans 4 cantons (Sète, Montpellier 5, Montpellier-Castelnau et à St Gely du Fesc).
Voilà les autres résultats du RN :
Agde : Henri Couquet et Fabienne Varesano (RN) 36,91%
Cazouls-les-Béziers : Stéphanie Galzy et Gilles Parmentier 35,98%
Clermont-L’Hérault : Laurent Claidsse et Laurence Delacour 26,75%
Le Crès : Claude Chabert et Lauriane Trois 28,36%
Frontignan : Patricia Andrieu et Gérard Prato 36,93%
Gignac : Martine Herbaut et Loïc Teyssier 30%
Lattes : Sylviane Lecoq et Fabrice Thierry 31,52%
Lodève : Patricia Fauquier et Chris-Valéry Leynaud 25,11%
Lunel : Isabelle Buffet et Guillaume Vouzellaud 34,38% (plus de 70% d’abstention)
Maugio : Laurence Cavaillez et Stéphanie Vincent (RN) 36,92% arrivent en tête

 

 

 

Carole Delga

Jean-Paul Garraud

Gard

33,47%

31,75%.

Pyrénées-Orientales

33,95%

33,25%

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Mèze : Cédric Delapierre (ancien délégué LR) et Laetitia Teyssot 29,43% Montpellier 1 : Jocelyne Lacaze et Charles Mench 22,24%
Montpellier 2 : Marie-Paule Jarniac et Jean-Marie Moralez 19,24% Montpellier 3 : Alex Fréderiksen et Flavia Mangano 17,98%

Montpellier 4 : Dylan Cauvin et France Jamet 23,20%
Pézenas : Laetitia Brun. Bruno Lerognon 33,87%
Pignan : Katia Boulangeat et Thierry Tsagalos 29,07%
Saint-Pons de Thomières :Virginie Alcina et Gilles Laigre 23,98%

Ce soir-là, sur France 3, une journaliste a interrogé en direct Robert Ménard en lui demandant s’il n’était pas trop déçu par le résultat de Jean-Paul Garraud. Question simple mais le maire de Béziers s’est emporté en expliquant « Je ne fais pas partie du RN, je ne suis pas d’extrême droite, moi je suis pour l’Union des droites. Demandez à vos interlocuteurs (qui sont sur le plateau). Moi je ne m’occupe que de Béziers. » Or c’est bien Robert Ménard qui est en photo sur les tracts électoraux de Jean-Paul Garraud, aux côtés des maires extrémistes du RN, Louis Aliot (Perpignan) et Julien Sanchez (Beaucaire).

Comme d’habitude, quand le maire de Béziers n’aime pas répondre à une question, il préfère mentir ouvertement.

22 juin.

Le candidat du RN Jean-Paul Garraud n’a récolté que 22,61 % des suffrages au premier tour. Il a donc réuni ses soutiens médiatiques (Louis Aliot, Julien Sanchez et Robert Ménard) à Narbonne, afin de susciter un sursaut de son électorat. Pour le maire de Beaucaire, Julien Sanchez, Carole Delga n’est qu’une « gauchiste passionaria... qui hait tous ceux qui ne sont pas de son camp ». De son côté, Robert Ménard a lui aussi dénoncé « le sectarisme invraisemblable » de la majorité socialiste à la Région et les subventions accordées à SOS Méditerranée tout en ajoutant que ces élections étaient un échec « Il faut s’interroger sur : comment limiter les dégâts, l’abstention n’est pas la seule explication ». Enfin, Louis Aliot, le maire de Perpignan, espère une mobilisation au-delà de son électorat contre une « Carole Delga qui veut le pouvoir total, voire totalitaire ».

27 juin - Résultat du 2ème tour des élections régionales et départementales

L’abstention a encore été très forte dans toute l’Occitane (62,17%) malgré les appels au civisme...
Pour les régionales Carole Delga l’emporte largement avec 57,77 des voix. Jean-Paul Garraud ne fait pas beaucoup mieux qu’au 1er tour. Il obtient 24% des voix au niveau de toute la région dont
- 29,71% dans l’Hérault
- 33,31% dans le Gard
- 35,98 % dans les Pyrénées orientales.
Le candidat LR obtient lui 18,22 % des voix au niveau de la région.
Pour les élections départementales, les candidats pro-Ménard dans les trois cantons autour de Béziers l’emportent assez largement :
Béziers 1 53,35% avec 5512 voix.(une perte de 2384 voix par rapport à 2015)
Béziers 2 67,68% avec 4770 voix (une perte de 1076 voix par rapport à 2015)
Béziers 3 65,24% avec 6200 voix une perte de 2252 voix par rapport à 2015)
Mais ailleurs dans tout le département aucun membre RN n’a été élu. Leur score a très faiblement progressé. Cela dit, ils obtiennent quand même entre 23% et 40% des voix.

Voilà, le résultat en pourcentage de voix exprimés pour les candidats estampillés RN :

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Agde 35,86%

Lattes 34,49%

Montpellier 2, 23,88%.

Cazouls-les-Béziers 36,24%

Lodève 28,16%

Montpellier 3, 25,37%

Clermont-L’Hérault 32,38%

Lunel :38,22%

Montpellier 4, 30,07%

Le Crès 28,98%

Maugio 40,40%

Pézenas 34,68%

Frontignan 43,33%

Mèze 30,52%

Pignan 31,31%

Gignac 30,27%

Montpellier 1, 26,02%

Saint-Pons de Thomières 27,81%

         

28 juin

Mais le score du RN en France ou dans le département n’a pas été à la hauteur de leur ambition (et c’est tant mieux). Aussi, on a assisté à une vague de contestation et de démission au sein de ce mouvement extrémiste. Dans l’Hérault, dès le lendemain, Bruno Lerognon, délégué départemental du Rassemblement national qui a été largement battu au deuxième tour dans le canton de Pézenas par le binôme socialiste décide de quitter ses fonctions. Cet ancien commandant de police a non seulement déploré la faible mobilisation de l'électorat RN mais aussi la « stratégie d'ouverture » de son parti, en particulier dans la construction de la liste régionale. Aussi, pour lui « En ouvrant très large, on pensait séduire de manière plus vaste. Cette analyse n'était pas bonne. En voulant additionner les électorats, on fait aussi des soustractions ! » dit-il. « Cette liste régionale intégrant des transfuges « qui ne sont pas des historiques du parti a conduit le RN à la perte de son électorat authentique, enraciné, qui ne s'y retrouve pas ». Et visiblement, il n’a pas apprécié de se retrouver cantonné à Pézenas pour les départementales « Il est de coutume que les responsables départementaux se trouvent en position éligible sur les listes régionales » affirme-t-il. « Au lieu de ça, on a incorporé des gens qui n'ont pas fait leurs preuves et dont on ne connait pas les motivations réelles ». Alors estimant qu'on ne lui a pas donné les moyens d'assumer sa fonction, il abandonne sa fonction de délégué en appelant à « rétablir le fonctionnement pyramidal du mouvement ».

A Sète, c’est Myriam Roques, conseillère régionale RN sortante, écartée lors des dernières municipales à Sète, qui annonce son départ du RN. Dans sa critique, elle rejoint Bruno Lerognon. Pour elle, « Marine Le Pen a tellement lissé son discours qu'elle s'est éloignée de l'attente des Français » et elle affirme « Il y a eu une véritable purge au sein du RN. On m'a bloqué mon investiture aux municipales. Derrière tout cela, il y a plusieurs personnes.... C'est essentiellement de la magouille. Ils se distribuent les postes les uns les autres et à un moment donné, je dérangeais... Sébastien Pacull (le nouveau chef de file du RN qui vient des Républicains) n’apportait aucune plus-value à l'élection municipale. Il aurait dû se ranger derrière moi étant donné que j'avais fait de très bons scores... et c'est l'inverse. Marine et Robert Ménard voulaient faire cette ouverture, faire descendre la presse nationale. J'ai dit mon désaccord total. Et cette union des droites est un véritable échec... À partir du moment où j'ai manifesté mon désaccord, j'étais la femme à abattre. Je ne suis pas la seule ! (...) Cette union des droites telle qu'elle est faite je n'y crois pas. On ne peut pas gagner en éliminant les personnes implantées qui ont fait les meilleurs scores... Souvent, en politique, les hommes sont misogynes et aveuglés par l'orgueil. Ils ont besoin de reconnaissance. Cela les perd. Nous, les femmes, on n'a pas cette conception : on a des idéaux. On veut changer les choses. (...) On a vu tous ces LR déferler, par pur opportunisme, pour venir prendre les places de certains, comme moi à Sète. Ils se sont plantés. Il n'y a pas de respect. Ces gens pensent écraser les autres sur leur passage. Mais ce n'est pas comme ça que l'on fait de la politique. Moi, ils m'ont anéanti 30 ans d'implantation, de travail de terrain. Et il n'y a pas de respect de la base, des militants. Et Marine est en dessous de tout. C'est pour cela que ça ne marche plus ce parti. ...Le RN, pour moi, c'est sûr, c'est fini. Les trahisons je ne peux pas les accepter. Après, je ne sais pas... ».

 

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