Les résultats des élections municipales sont malheureusement marqués par le renforcement de l’ancrage local de la droite et de l’extrême droite. La campagne qui les a précédés a été émaillée de la diabolisation de tout un camp politique défenseur de valeurs antifascistes et de luttes contre toutes formes d’oppression. Cette nouvelle réalité politique représente un danger pour notre camp social, pour toutes les personnes précarisées et minorisées, pour les syndicalistes et bien sûr pour le service public de l’éducation.
Ces six prochaines années, une soixantaine de mairies seront gérées par l’extrême droite notamment dans le nord, à l’est ou dans le sud-est de l’hexagone et notamment à Nice, cinquième plus grande ville du pays. Le RN fait son entrée dans des centaines de Conseils municipaux. Dans les communes, les écoles et les enfants seront en première ligne face au projet raciste et de tri social de l’extrême droite. L’expérience de l’extrême droite à Béziers, Orange, Perpignan ou Hénin-Beaumont ne peut que nous alerter. Nous savons que les mairies gagnées par la vague brune discriminent les enfants et notamment les enfants racisé·es en supprimant les repas végétariens dans les cantines, qu’elles réduisent les subventions aux associations qui portent des projets émancipateurs, qu’elles s’attaquent aux populations les plus précaires en augmentant les prix des transports et des cantines. N’oublions pas également que les élu·es municipaux·ales issu·es de l’extrême droite répriment les militant·es syndicalistes comme à Hénin-Beaumont et Béziers. De plus, ne nous y trompons pas, chaque commune gagnée par le Rassemblement national ou ses allié·es marque un pas de plus vers la possibilité de son arrivée au pouvoir. Cela s’illustrera par des attaques systématiques contres nos conquis sociaux et contre les minorités. Face à ce projet réactionnaire, nous devons continuer à nous mobiliser dans nos territoires pour défendre un projet émancipateur et faire reculer ses idées.
Malgré tout, ces élections montrent également que les forces du progrès social peuvent se mobiliser pour résister dans un certain nombre de territoires. Cela doit nous enseigner que l’accession de l’extrême droite au pouvoir n’a rien d’inéluctable si notre camp social se montre uni. A quelques mois des élections professionnelles, à un an de l’élection présidentielle et de potentielles élections législatives, plus que jamais, c’est le moment pour les personnels de se syndiquer en masse pour défendre les droits des personnels, les libertés publiques et le service public d’éducation. Partout où le syndicalisme progresse, les idées d’extrême droite reculent. Il n’y aucune résignation à SUD éducation, notre combativité reste pleine et entière.
