L’Internationale des Travailleurs du Bâtiment et du Bois (BWI) exprime sa plus forte condamnation du meurtre de l’ouvrier du bâtiment palestinien Ali Khaled Sayel Bani Odeh et de sa famille à Tammun, au sud de Tubas, le 15 mars 2026.
Selon la Fédération générale des syndicats de Palestine (PGFTU) et des rapports médiatiques, Ali Bani Odeh (37 ans), son épouse Waad Othman Aql Bani Odeh (35 ans) et leurs deux jeunes fils, Mohammad (5 ans) et Othman (7 ans), ont été tués lorsque leur véhicule a été directement ciblé par des tirs des forces israéliennes (FDI) alors qu’ils rentraient chez eux. Deux autres enfants ont été blessés.
Ce n’était pas seulement le meurtre d’un ouvrier. C’était la destruction d’une famille entière.
Un ouvrier revenant de son travail dans la construction en Israël, après une période d’absence pour subvenir aux besoins de ses proches, amenait sa famille dans la ville de Naplouse (Cisjordanie) pour une simple soirée ensemble, prévoyant d’acheter des vêtements pour l’Aïd, espérant partager un moment de joie et de dignité avec ses enfants après une longue période de séparation. Ce moment lui a été violemment arraché.
BWI se tient pleinement solidaire du PGFTU et du mouvement syndical palestinien pour condamner ce crime odieux. Nous partageons leur chagrin et leur indignation.
Cet acte constitue une grave violation du droit international humanitaire et des droits de l’homme, y compris les protections accordées aux civils en vertu de la Quatrième Convention de Genève, les principes de distinction et de protection contre les attaques du Protocole additionnel I, ainsi que le droit à la vie en vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Elle porte également atteinte au droit des travailleurs d’accéder à leur subsistance dans des conditions de sécurité et de dignité, également reconnues dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Le meurtre d’un ouvrier alors qu’il revenait du travail, avec sa famille, constitue une violation extrême et intolérable de ces protections.
À un moment où des familles à travers la Palestine et le monde arabe se préparent à célébrer l’Aïd, un moment de joie, de retrouvailles et de dignité, cet acte met en lumière la cruauté humaine profonde de ce crime.
Ce meurtre reflète une réalité plus large et profondément alarmante à laquelle sont confrontés les travailleurs palestiniens en Cisjordanie : un contexte marqué par une escalade de la violence, de sévères restrictions de circulation, des difficultés économiques et une insécurité croissante. Comme l’a récemment documenté BWI, les travailleurs sont contraints de naviguer entre les points de contrôle, le chômage et l’incertitude quotidienne simplement pour gagner leur vie, souvent au détriment de leur sécurité et de leur dignité.
Un sentiment croissant et profondément préoccupant est établi que les forces israéliennes (FDI) opèrent avec une liberté d’action croissante, sans retenue ni responsabilité, dans un contexte où la violence des colons augmente également et se produit souvent avec le soutien ou la protection de l’armée. Ce climat d’impunité met les travailleurs palestiniens et leurs familles en danger constant.
BWI appelle donc à :
- Une enquête immédiate, indépendante et transparente sur le meurtre d’Ali Bani Odeh et de sa famille ;
- Une pleine responsabilité envers les responsables, y compris au sein de la chaîne de commandement israélienne ;
- Mesures urgentes pour assurer la protection des travailleurs et civils palestiniens, y compris un accès sûr à la circulation et la liberté de circulation ;
- Le plein respect du droit international humanitaire et des droits de l’homme, ainsi que des normes internationales du travail protégeant les travailleurs dans l’exercice de leur travail et de leur trajet.
L’inaction continue ne fait que renforcer l’impunité et permettre la poursuite de tels crimes.
La BWI réaffirme sa solidarité indéfectible avec le PGFTU et avec tous les travailleurs palestiniens et leurs syndicats. Leur droit à la vie, au travail et à la vie dans la dignité et la sécurité doit être respecté.
