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IMMERSION DANS LE FN : sur les pas de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont (partie I)

lun 27/07/2009 - 21:21
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PREAMBULE
Hénin-Beaumont a défrayé les chroniques politiques de ces dernières semaines. VISA a récemment publié une analyse des résultats des dernières élections municipales qui s’y sont tenues début juillet 2009. Ces élections faisaient suite à la démission de l’équipe municipale suite à la mise en examen du maire pour diverses malversations et détournements de fonds.
Nous publions aujourd’hui la première partie d’une étude d’un docteur en Science politique, membre du groupe européen de recherches « Extremism and Democracy » (ECPR standing group), Djamel Mermat, qui s’est « immergé » dans le FN d’Hénin-Beaumont de novembre 2007 à février 2008 lors de la précédente campagne pour les élections municipales de mars 2008.
Ce travail de recherche et de témoignage, écrit en grande partie en avril 2008, n’est pas une commande de VISA, mais nous pensons utile d’en communiquer à nos lecteurs, avec l’accord de l’auteur, de très larges extraits. Il servira certainement à la compréhension de la stratégie actuelle du FN et singulièrement de Marine Le Pen. Il permet aussi de mieux appréhender le travail de terrain que pratiquent les frontistes dans le Nord et le Pas- de- Calais et les scores du FN qui en ont résulté.
Bien connaître son ennemi pour mieux le combattre, voilà donc le « devoir » de cet été … Nous publierons la deuxième partie de cette étude début août.
Les coupes, titres et sous titres sont de notre rédaction.
VISA

HENIN-BEAUMONT, NOVEMBRE 2007

Dès le mois de juin 2007, nous avons progressivement accordé une attention accrue aux néo-partisans du Front national soutenant Marine Le Pen et Steeve Briois, dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais, et plus précisément à Hénin-Beaumont. Ce qui nous a amené à débuter, la dernière semaine de novembre 2007, notre exploration de la diversité des acteurs du Quartier Général (QG) de campagne de la liste « Hénin-Beaumont pour Vous ».
Nous avons fixé le terme de cette expérimentation à la veille du début de la campagne officielle, c’est-à-dire environ quinze jours avant le premier tour de scrutin. L’idée était de glisser, sur une période de quelques semaines, de notre précédent terrain de recherches (la fédération Nord-Flandre) au Pas-de-Calais, du statut d’observateur participant et extérieur au groupe, à celui de membre actif du noyau central et intégré à ce titre à la cellule de réflexion sur le projet municipal et de planification des actions militantes (…/…) .
Nous avons choisi d’approfondir notre recherche sur les néo-frontistes en nous rendant à Hénin-Beaumont, étant donné que ce terrain nous paraissait emblématique de la mise à l’épreuve des outils d’analyse du chercheur par un évènement dont on peut s’attendre à une médiatisation à hauteur de l’enjeu qu’y représente l’élection municipale. Cette ville du Pas-de-Calais était pressentie, justement par la presse principalement, pour devenir un éventuel nouveau laboratoire de la gestion « frontiste », après Orange, Toulon, Vitrolles, ou Marignane hier.

UN FRONT EN VOIE DE BANALISATION

Pour donner une idée précise du fossé qui existe entre les deux fédérations en termes de proportions, et par conséquent entre les terrains retenus, nous prendrons deux exemples. Le premier concerne le nombre d’adhérents et de sympathisants. Le 5 février 2008, S. Briois, questionné à ce sujet par les journalistes venus en nombre à la « permanence », répond qu’il y a entre 130 et 140 adhérents pour la seule ville d’Hénin-Beaumont. « Cela fait deux ans que nous avons dépassé les cent adhérents sur Hénin », complète B. Bilde confortablement installé dans un canapé en cuir noir. « On est la plus grosse ville de la région au niveau des adhérents. Y compris devant Calais, Arras (ou même Lens), qui sont (des agglomérations) beaucoup plus peuplées que nous » (B. Bilde). La justification pour minorer la déception ou l’étonnement de la presse par rapport à la politique d’adhésion et à ses résultats en valeur absolue, est éloquente : « Mais Steeve n’en a jamais fait sa priorité. Il travaille pour l’externe essentiellement et avant tout ».
Plus globalement, il existe tout de même 600 adhérents environ pour le Pas-de-Calais, auxquels il faut ajouter les 200 sympathisants de la seule ville d’Hénin-Beaumont (au 8 janvier 2008).
Deuxièmement, la puissance de frappe du fn dans cette cité est inatteignable même par les efforts cumulés de l’intégralité du fn Nord-Flandre, y compris à ses plus beaux jours du premier semestre 2007. C’est ainsi, par exemple, que les vœux de la nouvelle année 2008, sont parvenus dans les foyers de 800 « frontistes » et… des 800 employés municipaux que compte la mairie. Il s’agissait pour le fn, de rassurer ces derniers vis-à-vis d’un licenciement sec au cas où la liste « Briois-Le Pen » l’aurait emporté.

A Hénin-Beaumont, le Front national est en voie de banalisation ; en tout cas pour les 45 % de votants qui s’y sont exprimés en sa faveur aux élections législatives de juin 2007. Il est à ce sujet intéressant de remarquer que l’ « Alliance » qui s’est qualifiée de « Républicaine » entretient des relations très courtoises avec les cadres et les militants du FN. La liste « Duquenne-Bouquillon » ne pratique pas le « cordon sanitaire » vis-à-vis de S. Briois et de son équipe, bien qu’elle souhaite se différencier de cette autre liste d’opposition en s’arrogeant l’épithète « Républicaine », coiffe qui convient en même temps à leur commun rejet du maire surnommé à dessein « le Monarque » .Dans la Communauté Urbaine de Lille (85 municipalités), au sein de la population , il continue d’être blâmé comme une force infréquentable, indigne et qu’il faut combattre.

LA STRATEGIE DU CAMELEON

Nous avons choisi de comprendre ce qui lie des électeurs et des habitants lambda, à un parti comme le fn, là où il est exceptionnellement accepté. Nous avons voulu connaître, nous-mêmes, l’expérience d’être un « frontiste accepté », presque un « frontiste heureux, épanoui » (que voient les soutiens du fn à Hénin-Beaumont quand ils « nous » voient ?), plutôt que d’être stigmatisé dans le Nord, même si nos participations aux activités, sous couvert d’une identité professionnelle, nous ont permis d’appréhender cette démonisation et ce qu’elle était apte à provoquer chez ceux dont la qualité principale est bien d’être partisan du fn.
Nous pensions que, différemment, mais au même titre que se trouver mis au ban (de la société), le fait d’être « dédiabolisé » méritait que nous en éprouvions personnellement la sensation (.../…)
Toutefois, le sarclage méthodique du terrain d’Hénin-Beaumont révélait, à mesure de notre progression, un certain nombre de paradoxes susceptibles de constituer des handicaps, des obstacles pour le chercheur s’il ne parvient pas à s’en jouer. D’autant plus que la dédramatisation du « frontisme » à Hénin-Beaumont allait de pair avec une banalisation des forces militantes par les dirigeants eux-mêmes. Ce qui pouvait être implicite dans le Nord, était clairement exprimé dans le Pas-de-Calais. Ainsi, S. Briois avait recadré un de ses « lieutenants » par cette phrase concernant les militants : « Il ne faut pas leur donner l’impression qu’ils sont indispensables » (4 janvier 2008). Ce princeps nous serait-il finalement appliqué ? Rendrait-il notre tâche beaucoup plus ardue ?
Nous avons le sentiment que notre enquête à Hénin-Beaumont détient un caractère atypique, se détache de notre recherche en Nord-Flandre (plus traditionnelle dans son déroulement), dans la mesure où notre présentation était loin de protéger complètement notre anonymat. Nous parlerons plutôt d’ « identité d’emprunt » ou d’identité reconstituée (mêlant le vrai et le faux). Dès notre premier contact par téléphone, nous avons renseigné les responsables frontistes en leur fournissant : nos vrais nom et prénom, notre véritable numéro de téléphone portable, notre adresse de domicile, notre e-mail, le fait que nous avions « milité » dans le Nord, que nous étions entrés au fn (sans évoquer une adhésion) en juin 2006, et en listant les principales personnes rencontrées auparavant. Un étudiant de notre Université, à qui nous avions fait passer un examen à l’oral en janvier 2007, pouvait très bien attester du fait que nous étions Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche en Science politique (et non en Droit public comme certains membres du groupe l’ont crû).

Nous signalerons toutefois que la relative ouverture ou magnanimité des dirigeants « frontistes » s’explique par leur volonté de contrer l’image habituelle qui est dépeinte de leur parti comme d’eux-mêmes, en laissant penser qu’ils n’ont rien à cacher, par leur fort besoin individuel de reconnaissance sociale, souvent flattés qu’on vienne les voir, et par leur souci de voir leurs propos relayés. Ce fut exactement l’attitude de S. Briois quand des journalistes venaient à Hénin-Beaumont pour l’interviewer. Celui-ci, en dehors de la présence de Marine Le Pen, trouvait un moyen de rattraper son déficit de notoriété, de rehausser son estime de soi, et de recentrer l’enjeu de l’élection autour d’un duel Dalongeville (le Maire sortant)/Briois : autrement dit, de personnaliser le scrutin davantage par rapport à lui qu’en faveur de sa célèbre co-listière (.../…).

JEUX DE ROLES

A Lille, jamais un militant ne s’est exprimé en des termes racistes à notre égard. Le fait que nous soyons métis ne posait pas de problème apparent, sans doute moins parce que nous apparaissions physiquement de « type européen » qu’en raison de notre statut de témoin temporaire et extérieur au parti. A Hénin-Beaumont, nous devions concilier le fait d’appartenir au fn et d’apparaître comme un allogène dans ce milieu rempli de Français se voulant « de souche ». Fils de Kabyle pour les uns, petit-fils de harki pour les autres, peut-être « instrument humain de communication » pour certains (moyen de preuve classique de l’anti-racisme du fn en présentant un membre issu – totalement ou en partie – d’une communauté autre que la communauté majoritaire dans le pays), nous naviguions sans heurt ni remarque condescendante au milieu des partisans dont nous avons appris à connaître les failles et à anticiper la plupart des réactions (…/…).

Ensuite, il nous faut ajouter que le terrain pas-de-calaisien était « miné » en ce sens que nous y avons posé des mines personnelles : en effet, progressivement nous nous sommes retirés de l’aire militante, de ce jeu de rôles. Nous avons manqué de plus en plus de soin, d’assiduité, de conscience partisane au fil des semaines, pour passer du statut « considéré » de « bon militant » à celui de « touriste en ballade » au fn. Cette trajectoire brisée, confirmée dans le regard de ceux qui croyaient être nos pairs, nous aura permis de tester les différentes strates qui composent la confiance accordée à un tiers « ami ». Nous sommes passés de la confiance la plus totale en décembre, à l’admiration en janvier, puis à la méfiance en février, et enfin à la défiance la semaine où la liste « Hénin-Beaumont pour Vous » a été présentée à la presse (le 15 février 2008). La rapidité et la fluidité de ce déclassement nous autorisait à revenir sur les quelques enseignements que nous en retirons et qui nous semblaient essentiels, relativement à ce que le chercheur fait aux campagnes électorales locales du FN.

L’INSTRUMENTALISATION DES INCIDENTS DE CAMPAGNE

Le 11 janvier 2008, le fait d’avoir été agressé physiquement, même sans gravité, par un Skin Head Against Racial Prejudice (Sharp) que nous avions déjà rencontré dans le Nord à deux reprises, nous transforme en « martyr de la cause frontiste ». Cette agression nous apporte plus qu’elle nous dessert. Elle renforce et étoffe notre crédibilité dans le rôle qui est maintenant le nôtre. Elle assure en même temps que nous sommes fiables car nous savons garder notre sang-froid en toutes circonstances malgré les provocations, les injures, les crachats, et désormais les violences des adversaires du fn. Nous passons pour le militant modèle, qui courageusement va porter plainte et se placer sous la protection de l’institution judiciaire et des forces de l’ordre. Nous respectons la loi et nous le prouvons à nos « infiltrés ». Le hasard (des mauvaises rencontres) fait parfois bien les choses.
Quand nous revenons à la « permanence » le lundi 14 janvier, S. Briois nous propose même de lui transmettre notre plainte et d’envisager une suite judiciaire avec, nous citons : « l’avocat du Front ». Il prît l’« affaire » au sérieux. Nous avons dû lui expliquer pourquoi nous ne souhaitions pas faire intervenir un tiers, fût-il du fn. Nous tablions sur la crédibilité de notre personnage du « bon militant » dévoué à la Cause et qui ne veut en rien lui faire de tort, ni faire perdre de temps à l’équipe alors que la bataille électorale allait bientôt battre son plein.
La résonnance de l’affaire trouvera un dernier rebondissement un mois plus tard. En effet, le 13 février 2008, le mjs d’Hénin-Beaumont est accusé par les « frontistes » d’avoir collé pour le compte de l’association « Ras l’front ». Dominique se perd dans sa description : « des affiches blanches avec un triangle rouge où serait inscrit “A bas, le F-Haine”. » La situation est non seulement nouvelle au cours de notre immersion, elle est surtout inédite dans le Pas-de-Calais. En effet, nous pensions que « Ras l’front » tout comme les Sharp limitaient leurs actions – rares d’ailleurs – et leur présence à la ville de Lille. Il faut croire que « non ». Ce collage, sauvage, nous donne au moins l’opportunité de rappeler un de nos « hauts faits d’arme », l’histoire de notre agression et ainsi notre solidarité, notre appartenance à part entière au groupe fn d’Hénin-Beaumont.

Nous avons pu constater par nous-mêmes cette fonction des incidents de campagne, dès nos premières excursions dans le département voisin du Pas-de-Calais. A l’origine, nous avions pour objectif d’apporter un complément à nos observations en Flandre, de nourrir notre recherche d’éléments de comparaison.
Ainsi, pour le lancement de sa campagne des municipales, à l’occasion du marché aux puces d’Hénin-Beaumont (le 22/09/07), il s’en était fallu de peu pour que nous soyons le témoin d’un drame, dans le cadre de notre recherche. En effet, attablés à la terrasse d’un café du centre-ville, nous attendions patiemment que l’équipe FN y reprenne quelques forces avant de terminer son trajet. Subitement, deux jeunes d’origine maghrébine âgés selon nous de vingt-cinq ans environ, s’en prirent verbalement de façon très violente à un membre du fn, Jean-Robert, qui se situait près de notre table. Après l’avoir copieusement injurié sans raison apparente, ils se firent remettre un sac plastique blanc opaque par un troisième acolyte qui avait été prévenu par téléphone portable. La scène presque irréelle, se passait toujours dans sa continuité sous notre regard. La vingtaine de personnes qui suivaient ou précédaient la candidate du fn en campagne se levèrent tour à tour aux quatre coins de la brasserie. Pendant que leurs assaillants, à quatre maintenant, vilipendaient un couple qui avait demandé à ce qu’ils baissent le volume de leur diatribe, un des membres de la sécurité de Marine Le Pen la prévint qu’en terrasse les esprits s’échauffaient. Freddy Baudrin, un des leaders du FN dans le bassin minier, se mit ensuite à courir en répétant « il y en a un qui a une arme ! », au moment où l’un des jeunes s’avança effectivement en direction du groupe de « frontistes » qui fuyait. Certains d’entre eux entendirent deux détonations, alors que nous ne vîmes personnellement aucun des protagonistes brandir une arme même factice. Toujours est-il que près de quatre cents mètres plus loin, nous retrouvions les « frontistes » qui tentaient de reprendre leur souffle. Il faudra plusieurs mois d’enquêtes policières et de procédures judiciaires pour qu’il soit finalement reconnu sans équivoque que Marine Le Pen avait bien été menacée par une arme.

« L’INDIGNATION ÇA S’ORGANISE »

Une question mérite d’être posée : le début de la rixe, dont nous avons été un spectateur de premier plan, a-t-il pu être mis en scène par l’entourage de Marine Le Pen, afin de créer un évènement et de pouvoir s’en emparer ensuite pour diffuser un bruit dans la ville. Enoncé autrement : y a-t-il eu tentative d’« intoxication » en provenance du staff de la « candidate frontiste », visant principalement à la victimer et par conséquent à susciter l’empathie des électeurs encore sans opinion à son égard ? Quelle est la part de mystification dans cette affaire ? On ne peut se fier uniquement aux narrations émanant principalement des soutiens du FN, qui évoquent pêle-mêle : une ou deux armes ; un pistolet à grenaille(s) automatique ou un pistolet à billes ; un coup de semonce tiré en l’air pour certains, en direction du groupe « frontiste » pour d’autres ; une détonation, deux ou aucune...
Bien que la menace réelle soit délicate à évaluer, les détours narratifs se révèlent habiles. En effet, le fn a pu ainsi se lancer dans la bataille des municipales en imposant un de ses thèmes de campagne favoris à l’opinion : l’insécurité, à plus forte raison lorsqu’elle est susceptible de menacer l’intégrité physique des personnes. Le déroulement de cette séquence est d’autant moins étonnant depuis que nous avons appris fin novembre 2007, que Marine Le Pen se verrait attribuer en tant qu’adjointe, la délégation à la sécurité, si la liste de S. Briois remportait l’élection du 16 mars 2008. Donc, en dépit des incertitudes et de points obscurs, le bruit s’est répandu inexorablement, charriant bien plus que ce qui ressemblait au commencement à une simple histoire de « noms d’oiseaux » dont on se traite mutuellement. Il aura fallu cinq semaines aux services de police pour élucider cette énigme, projeter une lumière crue sur cette séquence de campagne électorale (les deux prévenus ont été placés en détention provisoire à la mi-novembre…mais pour d’autres faits !). C’est approximativement le temps qu’il faut pour qu’un climat délétère s’installe durablement avant le 1er tour des municipales. Pour une part, ce climat est favorisé et co-fabriqué par les dires des « frontistes » comme nous venons d’en donner un exemple archétypal.

C’est pourquoi, après cet « évènement », devions-nous encore nous étonner d’entendre Marine Le Pen énoncer dans son discours de clôture de la première formation des candidats aux prochaines municipales et cantonales (le 13/10/07) :
« Parce que comme on vous l’a dit tout au long de la journée : l’indignation ça S’ORGANISE. Si vous ne dîtes pas : “tu ne trouves pas çà honteux !, que Alliot-Marie, elle veuille faire une table ronde après ce qui s’est passé à Saint-Dizier !”, ben le type, il est… d’abord il [n’]est pas au courant. Il ne sait pas qu’il y a eu un truc à Saint-Dizier. Il ne sait pas qu’Alliot-Marie est venue. Et il ne sait pas ce qu’elle a dit ! Donc, il ne peut pas être indigné, il n’a pas d’information ! Et même s’il a l’information, il n’aura pas l’indignation spontanée ! » ?

Dans cet extrait, peut-on soupçonner que l’on ait découvert ce que d’aucuns appellent « la vraie nature du front » ? En tout cas, selon nous, un pan d’elle apparaît en filigranes, sous la forme d’un aveu ou tout au moins d’un hommage à une méthode que les « primo partisans » se sont vus assigner l’impératif de roder (…/…).

Djamel Mermat