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"SOS éducation" : à bas l’école publique !

ven 10/11/2006 - 01:00
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Dans un communiqué de presse commun,le SNUipp FSU, le SE UNSA et le SGEN CFDT dénoncent l’association "SOS éducation" en ces termes : "S’appuyant sur les déclarations caricaturales du ministre de l’Education Nationale, l’association SOS éducation a fait paraître dans la presse régionale un encart publicitaire qui menace tous les enseignants de dénoncer leurs choix de manuels. Cette menace est intolérable. Cet encart divulgue une information mensongère sur les programmes de l’école élémentaire. Il jette ainsi le trouble sur les relations entre les parents et les enseignants. Les manuels utilisés dans les classes ne correspondent pas à une méthode particulière : certains rêvent-ils de brûler des livres de lecture grâce auxquels des centaines de milliers d’enfants ont appris à lire ? Le SNUipp, le SGEN et le SE exigent que le ministre de l’Éducation Nationale condamne vigoureusement ce qui s’apparente à de la délation, apporte son soutien aux enseignants mis en cause et affirme que les manuels utilisés en classe sont conformes aux programmes".

SOS Education, une association politiquement neutre ?

Depuis début octobre, SOS éducation appelle les parents d’élèves à "vérifier" si les enseignants utilisent bien la méthode syllabique d’apprentissage de la lecture et, en cas contraire, à faire remonter l’information, en garantissant l’anonymat. Cette association, créée en novembre 2001, est coutumière de ces méthodes, véritables appels à la délation. Contrairement à ce qu’elle indique, l’association SOS Education n’est pas un regroupement d’usagers de l’école mais un puissant lobby aux thèses ultralibérales dont l’objectif principal est d’en finir avec l’école publique. Derrière la dénonciation des "ravages" de la methode globale se cache une véritable campagne antifonctionnaires.

SOS éducation est proche d’associations comme Les contribuables associés (une seule cible : le service public), l’IFRAP (fondée par un ancien énarque qui a fait de la bataille contre le service public un fonds de commerce), Catholiques pour les libertés économiques ou encore Conscience politique. On retrouve d’ailleurs SOS éducation sur le site conscience-politique.org pour lequel elle a réalisé l’analyse d’un manuel d’histoire jugé trop complaisant sur les morts du communisme. Sur ce site, elle voisine avec des références aux ultralibéraux américians, aux mouvements antiavortement et à la mouvance des évangélistes américains, le tout dans une proximité assumée avec l’extrême droite. D’ailleurs, en matière d’éducation, le programme de cette association présente des parentés avec ceux du FN, du MNR et avec les idées défendues par Charles Millon, l’ex-président de la région Rhône-Alpes.

Le projet éducatif de SOS Education a pour titre "Le pluralisme scolaire" et prône classiquement la concurrence et le libéralisme économique comme mode de régulation de l’école. L’Etat est accusé de tous les maux - "L’Ecole d’Etat, concept absolutiste et totalitaire" - et les partis de gauche, comme les syndicats "agitateurs qui font de la subversion" sont accusés d’avoir fait main basse sur l’école. SOS Education promeut des "réseaux d’écoles", sans contrôle direct de l’Etat :,mais avec un système propre de formation, leurs propres systèmes d’agrément etc. Il s’agirait donc d’en finir avec "un" système éducatif, l’école publique. Le "chèque éducation" irait bien évidemment de pair avec un tel système : la sectorisation scolaire n’aurait plus lieu d’être puisque chacun serait libre de choisir son école de droit privé pouvant recruter ses propres enseignants. Ce système est tout à fait conforme à ce qu’ont envisagé d’autres associations proches de SOS Education dans d’autres domaines, la sécurité sociale notamment. En ce qui concerne l’école, le message de SOS Education peut être résumé en quelques mots : à bas l’école publique !