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La régularisation par le travail ne doit pas être réservée qu'aux travailleurs d'origine d'européenne !

ven 14/12/2007 - 00:00
defaut
La Loi sur la maîtrise de l'immigration, adoptée le 23 octobre 2007, prévoit dans son article 12 ter la régularisation de travailleurs sans papiers ayant une promesse d'embauche pour des métiers dits « sous tension », c'est-à-dire ceux pour lesquelles la pénibilité crée une pénurie de main d'œuvre.

Dans la foulée de la parution de cette Loi, le ministère de l'Economie a dressé une liste de 152 métiers. L'association Droits Devant !! a demandé à rencontrer le SNUI et la CGT Finances afin de solliciter une audience à l'issue de la manifestation du 30 novembre qui a réuni plus de mille travailleurs sans-papiers de Bastille à Bercy. Nombre d'entre eux brandissaient leur déclaration de revenus ou leurs avis d'imposition, ainsi que des contrats de travail en bonne et due forme.

Une délégation de 13 personnes (Droits devant !!, SNUI, CGT Finances, SNUTEF (FSU), UL CGT Massy, MRAP, Coordination 93 de lutte sans-papiers et des travailleur(se)s sans-papiers) a été reçue à Bercy par M. Lavergne, conseiller auprès de la ministre de l'Economie et des Finances. La délégation a interpellé le conseiller sur une revendication centrale : La liste des 152 métiers "sous tension" publiée par le ministère de l'Economie et des Finances, "réservée" à des ressortissants de pays de l'Est, doit être aussi, et dès maintenant, ouverte aux travailleur(se)s sans-papiers d'Afrique, Asie, Amérique du Sud... qui travaillent déjà depuis des années dans ces secteurs, notamment BTP, Nettoyage, Restauration, Aide à la Personne...

La délégation a dénoncé l'objectif gouvernemental, porteur de racisme et d'exploitation accrue, visant à une mise en concurrence entre des travailleurs européens et ceux des pays tiers.

Le conseiller s'est engagé à saisir la Ministre concernant cette revendication, et à répondre par écrit dans les jours à venir à la liste de 1200 noms de travailleurs sans-papiers déjà embauchés dans ces métiers « sous tension » qui demandent à être régularisés.

Le SNUI a en particulier insisté sur l'exploitation économique et sociale des travailleurs sans papiers. Installés depuis plusieurs années en France, ne rechignant pas à exercer les métiers les plus pénibles, ils contribuent tout autant au développement de notre pays qu'au leur. De plus, comme les citoyens réguliers, ils contribuent aussi, par les Impôts, taxes et cotisations qu'ils payent, au fonctionnement de la société. Ils participent à la vie sociale de leur quartier, de leur ville, leurs enfants sont scolarisés, ils parlent français, ils sont intégrés, ils ont droit à la dignité. Licencier ces travailleurs et vouloir les faire sortir de France pour les remplacer par des ressortissants européens régularisés pour l'occasion est une injustice phénoménale.

Devant le succès de cette manifestation et l'élargissement notable de la mobilisation des travailleurs sans-papiers pour leur régularisation, depuis le 26 septembre, date du premier rassemblement au Ministère du Travail, une nouvelle manifestation aura lieu le vendredi 21 décembre après-midi en direction de Matignon.